À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, une trentaine d'associations dont Act Up, Aides, Solidarité Sida, Outrans ou encore le Mag (voir la liste complète) appellent à manifester ce mercredi 1er décembre, à 18h30, au départ de la place de la Bastille, à Paris (fin du parcours: avenue Victoria, devant le siège de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).
"UNE QUESTION DE FINANCEMENT ET DE VOLONTÉ POLITIQUE"
Le mot d'ordre – "Tout recule sauf le sida" – est accompagné d'une série de revendications:
"Nous voulons le respect des droits humains. Au lieu de quoi, des sexworkers, des trans', des pédés… se contaminent parce que stigmatisé-e-s, exclu-e-s.
Nous voulons que les étranger-e-s malades aient accès aux soins et à des papiers. Au lieu de quoi, le gouvernement français remet en cause le droit au séjour pour soins et l’Aide Médicale d’État pour draguer l’extrême droite.
Nous voulons que l’industrie pharmaceutique accélère ses recherches sur de nouvelles molécules pour traiter les co-infections VIH/VHC. Au lieu de quoi, les laboratoires lobbyent contre les génériques.
Nous voulons des salles de consommation de drogues à moindres risques. Au lieu de quoi, les politiques de réduction des risques en direction des usager-e-s de drogues sont pénalisées au profit du tout répressif.
Nous voulons que le système hospitalier français permette un accès à des soins de qualité pour tou-te-s. Au lieu de quoi, les pouvoirs publics œuvrent chaque jour un peu plus à son démantèlement.
Nous voulons cesser de voir des détenu-e-s mourir en prison parce que la suspension de peine pour raisons médicales n’est pas suffisamment appliquée. Au lieu de quoi, les politiques sécuritaires continuent de surcharger les prisons.
Nous voulons des mesures à la hauteur de l’urgence de l’épidémie dans les départements français d’Amérique.
Enrayer cette épidémie c’est possible. Trouver de nouveaux traitements c’est possible. Garantir l’accès universel aux traitements c’est possible. C’est une question de financement et de volonté politique. Hélas, aujourd’hui, tout recule sauf le sida".
Notons enfin qu'une soirée de soutien à Act Up-Paris est organisée au 3wKafé (8, rue des Écouffes, 75004 Paris) avec le collectif Cancan et 11 jeunes DJs de la scène electro parisienne (Maxime Iko, Axelle Roch, Sissi Cocotte…). De 20h30 à 2h du matin.
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L’association LGBT Over the Rainbow voulait tenir sa propre table de prévention à l'université de Strasbourg pour le 1er décembre mais la direction de l'université a refusé. Les deux parties ont fini par se mettre d'accord. À lire sur Un complément d'actualité LGBT.
Photo Jonathan Martz
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Lorsque les données de l'enquête Prévagay ont été publiées en février dernier, c'est le chiffre qui a été le plus commenté: un gay sur cinq est séropositif dans cette enquête. Cette proportion montre le poids énorme de l'épidémie chez les homosexuels en France. Et on la retrouve dans de nombreux pays occidentaux.
Bien sûr, certains ont souligné que cette enquête était partielle: elle n'a testé que des gays qui fréquentent des établissements parisiens de convivialité et de sexe, elle n'est pas représentative de l'ensemble des gays, etc.
Mais les chiffres sont là. Et il ne saurait être question de baisser les bras.
UN SIGNAL D'ALERTE
"1 sur 5", la vidéo que nous lançons aujourd'hui, est un signal d'alerte et un appel à la mobilisation. Il n'y a pas de fatalité.
Car la lutte contre le sida est à un tournant. Aujourd'hui, nous savons ce qu'il faut faire pour juguler l'épidémie, faire baisser le nombre de nouvelles contaminations et espérer un jour maîtriser le sida. Grâce au préservatif, au dépistage et aux traitements, nous avons les moyens de cette ambition.
ONZE PERSONNALITÉS
C'est pour donner de l'écho à ce message de mobilisation et d'espoir que des personnalités ont choisi de prendre la parole, à l'initiative de Yagg: Clémentine Célarié, Claire Chazal, Dave, Ysa Ferrer, Marc-Olivier Fogiel, Christophe Girard, Pascal Houzelot, José Levy, Michal, Jean-Luc Romero et le Pr Willy Rozenbaum ont accepté de témoigner en faveur des gays et nous les en remercions.
"1 sur 5": la vidéo:
Si vous n'arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur 1 sur 5: la vidéo.
Voici le texte du message:
"En France, dans l’enquête Prévagay, 1 gay sur 5 est séropositif.
Chaque année, 1% des gays est contaminé par le virus du sida: c'est 200 fois plus que dans le reste de la population.
Dans dix ans, si nous ne faisons rien, 1 gay sur 3 pourrait être séropositif.
Ce n’est pas une fatalité.
Aujourd’hui, nous savons comment agir.
Utilisons le préservatif.
Faisons un test de dépistage très régulièrement.
Et si l'on est séropositif, le traitement, pris le plus tôt possible, permet de vivre mieux. Il réduit aussi de façon très significative les risques de transmission du virus aux autres.
Maintenant, vous savez: agissez!
Maintenant, nous savons: agissons!".
FAITES VOTRE VIDÉO
Cette vidéo est une première étape. Yagg est un site participatif: si vous avez vous aussi quelque chose à dire, si vous voulez vous engager ou si vous menez des actions contre le sida chez les gays, dites-le via une vidéo, postez-la sur YouTube et envoyez-nous le lien à contact@yagg.com.
Yagg remercie également Stéphane Foenkinos, François Roelants, Yves Jeuland et Charly-Nelly pour leur aide précieuse.
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Comment faire du buzz en annonçant qu'on ne va plus en faire. Pour lever des fonds pour sa fondation Keep a Child Alive, qui aide les familles touchées par le VIH/sida en Afrique et en Inde, Alicia Keys et d'autres stars, parmi lesquelles Lady Gaga, Serena Williams, Usher, Katie Holmes, Janelle Monae, Willow et Jaden Smith, Justin Timberlake, Jennifer Hudson ou encore Elijah Wood ont décidé de ne plus s'exprimer sur Facebook ni Twitter. Pas définitivement, n'ayez crainte. Les fans devront "racheter leurs vies" en faisant des dons. Lorsque l'objectif d'un million sera atteint, les stars seront de retour. En attendant, les fans devront se contenter d'images d'elles dans des cercueils…
Chaque star a donc enregistré une vidéo-testament pour appeler celles et ceux qui la suivent sur les réseaux sociaux à faire preuve de générosité. Le message de la campagne Digital Life Sacrifice expliqué par Leigh Blake, présidente et co-fondatrice de Keep a Child Alive: "Pourquoi sommes-nous tellement plus touchés par la mort d'une personne célèbre que par celles de millions et de millions de personnes là d'où nous venons tous?".
"C'est important de choquer les gens pour qu'ils se réveillent, a pour sa part déclaré Alicia Keys à Associated Press. Ce n'est pas que les gens s'en fichent, ni qu'ils ne veulent rien y faire, c'est qu'ils n'y ont encore jamais pensé de cette façon." "C'est une façon si directe, émotionnelle et un peu sarcastique d'attirer l'attention des gens", souligne-t-elle.
Vu le nombre de personnes qui suivent ne serait-ce que Lady Gaga sur Facebook (près de 24 millions), le pari devrait être réussi. On l'espère non seulement pour la cause, mais aussi pour ces stars qui, à en croire le nombre de tweets que certaines publient, vont drôlement s'ennuyer, sinon.
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C'est une soirée exceptionnelle que nous propose Arte ce mardi 30 novembre, avec la diffusion, dans une Thema spéciale, de deux documentaires passionnants sur la situation de l'épidémie vue du côté des séropositifs et des soignants, en France et en Inde.
ÊTRE SÉROPOSITIF EN 2010
Dans Good Bye sida?, à 22h20, Yvonne Debeaumarché a choisi son angle et s'y tient. Faire parler les séropositifs d'aujourd'hui sur ce que c'est que de vivre avec le VIH. On meurt beaucoup moins du sida – 4000 décès en 1994, dix fois moins aujourd'hui. Mais que veut dire être séropositif en 2010?
La grande force du film est de réunir une palette de témoignages de personnes atteintes et de leurs soignants: Kévin (auteur du blog "Mon truc en +" sur Yagg) raconte ce que la découverte de la séropositivité a pu changer dans ses rapports avec sa famille, Marjolaine (ex-présidente d'Act Up) explique qu'elle n'a jamais pensé qu'elle mourrait du sida, Karl dit pourquoi il a accepté, au bout de très nombreuses années, de faire un enfant avec sa compagne séronégative.
Le film s'arrête aussi longuement sur le témoignage d'une femme de 50 ans, récemment contaminée, qui dialogue avec son médecin, Marina Karmochkine, sur le suivi médical. Ou sur la colère de cette femme originaire d'Afrique, qui regrette de ne pas pouvoir parler à visage découvert sur pression de son entourage. Si le documentaire présente à raison une situation de l'épidémie moins dramatique en France, grâce à l'efficacité des traitements, ces visages masqués disent aussi la discrimination que peuvent subir les personnes infectées par le VIH.
SEXE SANS CAPOTE
Pourquoi les gays se contaminent-ils toujours? Pour tenter d'y répondre, l'équipe du film s'est rendue à Berlin, présenté comme "l'épicentre de la culture gay européenne". C'est la partie la moins réussie du film. Parler du sexe sans capote comme "d'un effet de mode", dixit un clubber, ou expliquer que des gays recherchent la contamination (pour s'empresser de dire que c'est une pratique ultra-minoritaire): des phrases choc qui tranchent nettement sur le reste du documentaire. Mais cela n'enlève rien à la force de ce documentaire présenté par Alain Maneval, qui propose cette Thema spéciale à l'occasion de la Journée mondiale contre le sida.
Deuxième document inédit: L'Inde, en guerre contre le sida, de Sophie Ent et Ted Saad, diffusé à 23h15. Les réalisateurs nous plongent d'emblée au cœur d'un des plus grands hôpitaux de Bombay, qui reçoit chaque jour des centaines de séropositifs. L'Inde est un des pays les plus touchés par le VIH, et le monde entier observe comment le sous-continent affronte l'épidémie, entre déni, faux médecins, gourous, tabous et bataille commerciale autour des brevets.
RAGE PALPABLE
Les deux réalisateurs sont restés quelques semaines en Inde: ils filment dans l'urgence, avec parfois une rage palpable face aux ravages de la maladie. En caméra cachée, les réalisateurs suivent aussi un gay dans les toilettes d'une gare routière, où il distribue capote et gel à des homosexuels, très souvent victimes de rafles policières.
Une enquête haletante et engagée, qui n'oublie pas de présenter les enjeux stratégiques: l'Inde, plus grand fabricant de génériques, est en train de passer des accords avec les pays occidentaux, ce qui risque d'empêcher bientôt les firmes indiennes de développer des copies des antirétroviraux. L'avenir de millions de malades, notamment en Afrique, se joue en Inde.
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En 2009, la situation de l'épidémie chez les gays ne s'est pas améliorée, au contraire. Trois indicateurs, analysés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 30 novembre, et présentés aujourd'hui, lundi 29 novembre, lors de la conférence de presse de la nouvelle secrétaire d'État à la Santé, Nora Berra, sont particulièrement alarmants.
Si en 2009, dans l'ensemble de la population, le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité est en légère augmentation, celle-ci est due uniquement à l'augmentation des cas de séropositivité par rapports homosexuels. Sur les 6700 contaminations découvertes l'année dernière, 2500 concernent des homosexuels. En 2007 et 2008, le nombre de découvertes de séropositivité chez les hommes contaminés par rapports homosexuels s’était stabilisé autour de 2 300.
Concernant les homosexuels diagnostiqués en 2009, 38% d’entre eux ont été contaminés par un partenaire occasionnel, 26% par un partenaire anonyme et 20% par un partenaire stable (pour 16%, cette information n'est pas renseignée). Dans un tiers des cas, la séropositivité du partenaire stable était connue du patient au moment de la contamination.
AUGMENTATION CHEZ LES HOMOS DE MOINS DE 25 ANS
Deuxième indicateur, la proportion de jeunes homosexuels de moins de 25 ans contaminés a augmenté entre 2003 et 2009 de 8% à 11% (d’environ 140 à 280 cas), tandis que celle des plus de 50 ans est stable autour de 12%.
Enfin, dernier motif d'inquiétude, les nouveaux diagnostics de sida, dont le nombre diminue depuis plusieurs années, augmentent parmi les homosexuels en 2009. À ceci, plusieurs raisons, principalement un retard au dépistage et au traitement.
Lors de la conférence de presse, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a expliqué que la hausse serait due à une meilleure efficacité du dépistage chez les gays. Il reste que tous ces indicateurs confirment que la situation reste particulièrement préoccupante chez les gays. Selon les auteurs du BEH, "il est indispensable d’intensifier le dépistage et en particulier de renforcer le dépistage précoce après prise de risque, afin de réduire le risque de contamination très élevé en phase de primo-infection."
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Le 23 novembre dernier, Yagg recevait Jean Derouineau, médecin au centre de dépistage de l’Institut Alfred Fournier, à Paris, et Dominick Descharles, chargé de prévention gay au sein de Aides pour parler d'hépatites avec les internautes. Voici la retranscription du chat.
modérateur: Bonjour. Nos deux invités sont arrivés. Le chat va commencer dans quelques minutes.Vous pouvez commencer à poser vos questions.
Jean Derouineau: Je suis content d'être là et de répondre à vos questions. Dominick Descharles: Je suis content de l'intérêt que porte la communauté aux hépatites.
steph75: Bonjour. Les gays sont-ils plus concernés que les autres par les hépatites en général ou certaines en particulier? Si oui, pourquoi?
DD: Les gays ne sont pas plus concernés mais autant. Les personnes atteintes par le VIH le sont d'autant plus qu'elles sont plus fragiles. JD: Les gays sont plus exposés parce qu'ils ont plus de rapports et/ou de partenaires par rapport aux hétéros. DD: Par rapport à l'hépatite A, les gays pratiquent l'anulingus plus fréquemment et donc sont plus sujets à rencontrer le virus de l'hépatite A. Heureusement, contre cette hépatite, il existe un vaccin.
Michel de Toulouse: Bonjour. La vaccination contre l'hépatite B suscite encore des réticences très fortes dans une partie de la population. Comment convaincre pourtant les groupes à risques de se faire vacciner ? Je suis moi-même séropo VIH et VHB (chronique) et mon partenaire s'est fait vacciner au tout début de notre relation.
JD: Il y aura toujours des réticences quels que soient les vaccins depuis Pasteur qui a inventé le vaccin contre la rage. Il n'y a aucun risque à se faire vacciner contre l'hépatite B et votre ami a bien fait. DD: S'il y a bien un sujet pour lequel il y a un consensus associatif, c'est sur la vaccination contre l'hépatite B, que nous recommandons tous.
Gwenaël: Bonjour. Comment se prémunir d'une hépatite? (les trois tant qu'à faire)
JD: Contre l'hépatite A et l'hépatite B, il faut se faire vacciner. Les vaccins permettent de fabriquer des anticorps protecteurs à l'avance. Et pour l'hépatite C, les mêmes mesures de prévention que vis-à-vis du VIH: préservatif bien utilisé (avec du gel), gant en cas de fist, pas de partage de matériel en cas d'injection ou de snif. DD: Il faut être vigilant aussi au partage des bouteilles de poppers. JD: Le vaccin contre l'hépatite A consiste en deux injections espacées de six mois et contre l'hépatite B, deux injections séparées d'un mois et un rappel à un an. DD: Avant de se faire vacciner, il ne faut pas hésiter à faire un test de dépistage des anticorps car on peut avoir fabriqué des anticorps protecteurs ou avoir une hépatite B chronique. JD: Pour les personnes atteintes par le VIH, la vaccination contre l'hépatite B doit être doublée.
Babybear: Je suis gay, j'ai eu une hépatite A. Mon médecin ne m'a même pas parlé des risques liés à l'anulingus. Et autour de moi, personne n'est au courant. C'est aberrant, non? Pourquoi ce manque d'information?
JD: Cher Babybear, lui avez-dit que vous étiez gay? DD: il faut pouvoir parler de sexualité avec son médecin
Babybear: Oui!
DD: Aides et l'association des médecins gays sortent une brochure de sensibilisation à la sexualité homosexuelle à destination des médecins généralistes pour les sensibiliser à la prévention due aux pratiques spécifiques et à la stigmatisation que vivent les personnes de la communauté LGBT. Cette brochure sera aussi téléchargeable en PDF sur les sites de Aides et de l'Association des médecins gays. À partir du 8 décembre.
Babybear: Mais il y aussi un manque total d'information chez les gays sur ce sujet! Je peux vous assurer que PERSONNE autour de moi n'était au courant au sujet de l'anulingus et des risques.
JD: C'est bien, tu fais de la prévention toi-même, n'hésite pas à renvoyer vers Sida Info Service. Il existe aussi Hépatites info service. Le numéro de téléphone est le 0800 845 800. Le site: http://www.hepatites-info-service.org/ DD: Vous pouvez aussi devenir volontaire à Aides et être un acteur de la lutte contre les hépatites et le VIH.
xavier galago: Bonjour… et si on a "oublié" le rappel 10 ans plus tard??
JD: Si vous avez oublié de faire le rappel 10 ans plus tard, il convient de demander à votre médecin une mesure des anticorps anti-HBS, pour l'hépatite B, qui permet de savoir si on est toujours protégé.
karim: Je crois que l'hépatite C peut être mortelle dans certains cas. Est-ce le cas aussi pour les autres?
JD: L'hépatite B est plus souvent mortelle que l'hépatite C. C'est la quatrième cause de mort par maladie infectieuse dans le monde. En France, il y a chaque année 1500 décès par hépatite B et un peu moins par hépatite C. Il existe un vaccin contre l'hépatite B.
steph75: Existe-t-il des chiffres sur le nombre de malades atteints par une hépatite? Si oui, est-on dans une logique de progression, de diminution ou de stagnation? Et comment cela s'explique-t-il?
JD: Pour l'hépatite C, environ 400000 personnes sont porteuses de ce virus en France et environ un quart l'ignore. Ce sont surtout les transfusions de sang avant 1991 et le partage de seringues qui en sont les principaux vecteurs. Pour l'hépatite C, le nombre global est en diminution mais il existe une épidémie chez les gays et c'est en augmentation depuis 2000. DD: Pour l'hépatite B, l'épidémie est stable et la diminution espérée ne se produit pas à cause de la sous-utilisation du vaccin. Pour l'hépatite A, c'est devenu rare. Avant, c'était une maladie courante, dite des mains sales ou du "péril fécal". L'hygiène s'est améliorée mais cela reste une Infection sexuellement transmissible. Cette hépatite pourrait être facilement évitée grâce au vaccin.
xavier galago: Et que peut nous dire le docteur Derouineau concernant des effets indésirables (éventuels) à long terme dus à la "masse-vaccination" contre l'hépatite B des ados au milieu des années 90?
JD: Il n'y a ni plus ni moins d'effets secondaires durant les trois années de cette vaccination de masse comparée aux trois années précédentes et aux trois années suivantes. C'est un rapport de l'Académie de médecine accessible sur Internet.
En juin dernier, Sidaction avait invité quatre chercheurs dont David Halperin, à Paris, pour faire le point sur les nouvelles pistes en matière de prévention du VIH chez les gays. Nous en avons profité pour leur poser à tous les mêmes questions, en forme de mots-clef: bareback, Hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH), Que veulent les gays?
Jeudi 25 novembre, à 23h10, France 2 diffuse La Bataille du sida, un documentaire de Laurence Beauvillard et Laurent Firode consacré aux premières années de l'épidémie et à la bataille qui va opposer équipes françaises et américaines pour la découverte du virus responsable du sida.
Les premières minutes du film, avec de très nombreuses images d'archives, sont émouvantes, car elles nous replongent dans l'univers gay et festif de l'époque puis nous montrent les premières images de ces corps décharnés, rongés par le sarcome de Kaposi, de ces visages hébétés de patients au bord du gouffre.
LA QUÊTE DE L'AGENT CAUSAL
Mais très vite, le récit se concentre sur deux équipes de chercheurs en virologie – l'une française, dirigée par le Pr Luc Montagnier à l'Institut Pasteur, l'autre américaine, celle de Robert Gallo – qui vont se lancer dans la quête pour retrouver l'agent causal du sida. À leurs côtés, des médecins, notamment Willy Rozenbaum, qui jouera un rôle déterminant dans la découverte du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Et bien sûr Françoise Barré-Sinoussi, qui isolera le virus.
MULTIPLES REBONDISSEMENTS
Les multiples rebondissements de cette saga scientifique sont passionnants, mais La Bataille du sida oublie un peu vite les malades, qui, mis à part l'extraordinaire témoignage du philosophe Jean-Paul Aron avant sa mort, sont totalement invisibles. On en reste à une vision très occidentale de l'épidémie, sans évoquer à aucun moment les enjeux actuels de la lutte contre le sida au Sud (prix des médicaments, place des malades, prévention).
Si les aspects scientifiques de l'épidémie vous intéressent, vous regarderez avec intérêt ce documentaire auquel Clémentine Célarié a prêté sa voix. Regrettons cependant que ses auteurs en soit resté à l'analyse d'un épisode certes décisif mais daté d'une épidémie qui n'est toujours pas contrôlée.
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C'est un des essais dont les résultats sont plus qu'attendus. Et ils ne sont pas à la hauteur des espérances. iPrEx est le premier essai de traitement préventif chez des hommes et des transgenres (male to female) qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes.
UNE BAISSE DE 44% DU RISQUE D'INFECTION
Les 2499 participants (dans six pays différents) inclus dans iPrEx ont reçu chaque jour pendant l'essai soit un placebo, soit Truvada, un médicament antirétroviral déjà sur le marché. Sur la période de l'essai, 36 patients sont devenus séropositifs dans le groupe Truvada contre 64 dans le groupe placebo. Ceci suggère une réduction de 44% de l'incidence du VIH grâce à l'utilisation du médicament, produit par le laboratoire Gilead. Les auteurs, qui publient les premiers résultats de l'essai dans le New England Journal of Medicine du 23 novembre, soulignent que cette réduction est significative mais pas aussi élevée que ce qui avait été envisagé lors de la préparation de cet essai. Selon nos informations, les investigateurs tablaient sur une réduction plus proche de 55 à 60%.
MAUVAISE ADHÉRENCE AU TRAITEMENT
Un fait marquant est que même si les patients déclaraient utiliser Truvada tous les jours, l'exposition au médicament était plus basse dans les mesures biologiques. C'est en partie cette mauvaise adhésion au traitement qui pourrait expliquer ce résultat de protection inférieur aux espérances. Le traitement a été plus souvent retrouvé chez les séronégatifs que chez les séropositifs dans le groupe Truvada. Il y a donc, selon les auteurs de l'article du NEJM une corrélation très forte entre la détectabilité du médicament et l'effet prophylactique. Dans son communiqué de presse, rendu public ce mardi matin, l'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) explique: "Quand le médicament est détectable dans le sang, la réduction du risque est de 92%, suggérant le rôle fondamental de l'adhérence au traitement". Mais on ne sait pas encore pourquoi les participants ne prenaient pas leur médicament.
AIDES SE FÉLICITE MAIS RESTE PRUDENTE
Si l'association Aides a aussitôt réagi pour se féliciter de ces résultats, elle reste prudente: "Bien que ce résultat de recherche soit porteur d’espoir, nous sommes encore loin d’une mise à disposition de la Prep "dans la vraie vie". De plus, cette stratégie, si elle est intéressante, présente des inconvénients : la contrainte d’un traitement continu pour des personnes séronégatives pose des problèmes d’acceptabilité, de tolérance au long cours, et de coût." Et d'ajouter cet avertissement: "En attendant, AIDES appelle à la plus grande prudence concernant l’utilisation "sauvage" d’ARV [antirétroviraux, ndlr] par des séronégatifs pour se protéger du VIH."
UN ESSAI FRANÇAIS EN PRÉPARATION
Ces résultats vont être analysés à la loupe par les équipes françaises qui travaillent sur un essai de prophylaxie par antirétroviral, que nous avons déjà évoqué sur Yagg dans un chat avec Hugues Fischer d'Act Up-Paris et François Berdougo du TRT-5. L'essai, piloté par le Pr Jean-Michel Molina et financé par l'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS), propose un schéma différent de l'essai iPrEx: au lieu d'une prise du médicament en continu, les participants à l'essai franco-québecquois prendraient un traitement deux heures au plus tard avant l’exposition sexuelle au risque et un autre traitement 24 heures après la première prise. Si l’exposition se prolonge, le participant continuerait de prendre un traitement toutes les 24 heures.
Cet essai est coûteux, plusieurs millions d'euros. L'ANRS réfléchit maintenant à la meilleure façon de lancer une phase pilote de son propre essai, "sans doute au cours du premier semestre 2011", selon Jean-François Delfraissy, son directeur.
[Mise à jour, 14h10] Le groupe interassociatif TRT-5 participe au travail d'élaboration de l'essai français en projet et explique qu'au vu des résultats de l'essai iPrEx, "TRT-5 poursuivra son travail […] afin de veiller en particulier à la protection des intérêts et des droits des futurs participants".
[Mise à jour, 16h58] Act Up-Paris a réagi à son tour à la publication des résultats de cet essai: "C’est un résultat très encourageant pour les chercheurs. Il démontre l’intérêt de cette technique de prévention biomédicale." L'association rappelle cependant que "le préservatif, simple, peu coûteux et disponible reste le seul moyen sûr de se protéger contre le VIH".
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Les hépatites virales A, B et C: quelle prévention? Quelles précautions? Où en sont les traitements pour l'hépatite C?
Pour répondre à vos questions, deux invités en direct, le mardi 23 novembre, de 15h à 16h: Dominick Descharles, chargé de prévention gay au sein de Aides et Jean Derouineau, médecin au centre de dépistage de l'Institut Alfred Fournier, à Paris.
Fini le monopole médical sur le dépistage! L'arrêté du 9 novembre, paru au Journal Officiel le 17 novembre, est on ne peut plus clair. Les "salariés et les bénévoles des associations" pourront réaliser des tests de dépistage rapide d'orientation diagnostique (Trod) "chez toute personne, dans son intérêt et pour son seul bénéfice, après l’avoir informée et avoir recueilli son consentement libre et éclairé".
Jusqu'à présent, seul-e-s les professionnel-le-s de santé, au premier rang desquels les médecins, étaient autorisé-e-s à pratiquer des tests de dépistage du VIH. Cet arrêté, promis par Roselyne Bachelot à Vienne, lors de la Conférence mondiale sur le sida, arrive à point nommé.
En effet, le Plan VIH/sida 2010-2014, sorti il y a quelques jours, met l'accent sur la nécessité d'être plus offensif en matière de dépistage, alors que l'on estime que 50000 personnes ignorent qu'elle sont séropositives et que 13% des séropositifs découvrent leur statut à un stade très avancé de la maladie, ce qui handicape leurs chances de survie.
Dépister dans une structure associative est déjà une réalité. Actis à Saint-Étienne, Le Kiosque Info Sida à Paris et Aides dans plusieurs grandes villes de France ont déjà lancé des opérations de dépistage rapide. Mais le plus souvent, les tests sont pratiqués dans le cadre d'une recherche bio-médicale et avec l'accompagnement de médecins, et pas en routine.
Aides s'est d'ailleurs "félicitée de cette parution" pour laquelle l'association se bat depuis des mois. L'enjeu est de taille. À Vienne, Roselyne Bachelot a annoncé la création de 10 centres de dépistage communautaire pour l'année 2011.
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Dans le numéro de décembre de Têtu, un dossier intitulé "Comment améliorer la prévention gay?" donne la parole à quatre membres d'associations qui exposent leurs propositions en la matière. À la question: "Comment pourrait-on, selon vous, améliorer la prévention à destination des homosexuels masculins, en ce qui concerne le VIH, les hépatites et les IST?", Dominick Descharles, de Aides, répond: "Par des campagnes ciblées, qui utilisent les codes gays, en reprenant à la base: en montrant comment on enfile une capote sur une bite". Un peu plus loin, il ajoute: "Montrons des acteurs porno qui la mettent!".
"JE METS UNE CAPOTE ET DU GEL", PAR FRANÇOIS SAGAT
Aides aurait-elle perdu la mémoire? Ce que décrit Dominick Descharles, c'est exactement ce que Yagg a fait en 2009, avec l'acteur de X gay François Sagat. L'intitulé de la vidéo, "Je mets une capote et du gel", ne laisse planer aucun doute sur ce que l'on va voir: réservé aux majeurs, ce clip très explicite montre François Sagat en train d'enfiler une capote sur sa bite avant de la lubrifier copieusement.
VIDÉO VUE PLUS DE 95000 FOIS SUR DAILYMOTION
Cette vidéo est tout sauf confidentielle: elle a été vue plus de 95000 fois sur Dailymotion et plus de 120000 fois sur XTube (avant que ce site la retire). L'article lui-même a été consulté plus de 57000 fois sur Yagg.com, dans le cadre de notre campagne Sexe, prévention et vidéos, réalisée avec l'Inpes.
Hier, Dominick Descharles nous affirmait que lors de son interview, il avait expressément mentionné la campagne de Yagg au journaliste du magazine gay. Alors, ce serait Têtu qui ferait preuve d'amnésie en ne mentionnant pas, après les propos de Dominick Descharles, l'existence de la campagne qu'il vient de décrire? Étrange lorsque l'on sait que la vidéo de François Sagat avait été élue meilleure campagne de prévention 2009 par les internautes de… Têtu.com.
Une chose est sûre, la lutte contre le sida n'a rien à gagner à la désinformation.
[Mise à jour, vendredi 19 novembre] Dans un commentaire, Dominick Descharles apporte les précisions suivantes qui confortent ce que nous écrivions hier: "Tout d’abord je tiens à préciser qu'il s’agit bien de la campagne François Sagat/Yagg à laquelle je faisais référence et pour la raison simple que même si elle ne suffit pas à résoudre les problèmes de prévention elle permet au moins d’érotiser un peu le préservatif, en tout cas c’est une campagne que j’apprécie.
De même concernant la campagne sur la primo-infection réalisée par l’Inpes il s’agit bien entendu d’une campagne réalisée à l’intention de la communauté gay et là aussi c’est une avancée qui je l’espère sera suivie de nombreux autres exemples.
J’espère que la page peut se tourner sereinement et au delà de cela Têtu et Yagg sont deux médias incontournables qui font avancer la prévention et l’information…"
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Pour Vincent Bourseul, psychologue et psychanalyste à Paris, "la vie psychique" des HSH – hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes – "n'est pas véritablement prise en compte" par les acteurs de la lutte contre le sida. Et de pointer l'"immense responsabilité" de ces derniers, alors que l'épidémie fait toujours des ravages.
"C'est la prévention qu'il faut mettre sous traitement", par Vincent Bourseul, psychologue et psychanalyste à Paris.
Les acteurs de la lutte contre le sida sont-ils devenus complètement fous, ou bien ont-ils atteint le point final de la dépression qui les frappe depuis 1995? Depuis la "fameuse campagne de Aides" sur la Réduction des risques de 2002 qui a fait couler tellement d'encre, la prévention s'est enfoncée davantage dans ses difficultés, encore insurmontables. Et cela continue aujourd'hui.
Il faut bien reconnaître que l'épidémie de sida et autres IST est une catastrophe pour les HSH (appellation de santé publique désignant les "hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes"). Les témoignages récents qui circulent à l'envi sur internet le confirment. Quelqu'un confie ici ses prises de risques et explique que ce n'est pas par manque d'information mais pour garantir sa jouissance qu'il n'utilise pas toujours de préservatifs, un autre assimile "l'objectif capote maximum" à l'abstinence pour prouver que c'est par conséquent inaccessible. Ces paroles n'auraient rien d'embarrassant, et à la limite n'intéresseraient personne si elles n'étaient pas tenues par un acteur de prévention ou un responsable d'association (lire par exemple Les gays ne veulent plus être prisonniers du préservatif).
La légitimité que leurs propos peuvent tirer de leurs fonctions et de leurs titres, dont ils ne font pas l'économie quand ils s'expriment est inquiétante. Pour un peu, nous pourrions ne pas voir que ces justifications disons personnelles, sont injustement mises à contribution d'un soi-disant débat sur les nouvelles méthodes de lutte contre les contaminations, qui concernent par conséquent des milliers de personnes. Mais depuis quand les acteurs de la lutte contre le sida sont-ils représentatifs des personnes dont ils discutent la sexualité? Il faut se poser la question.
La lutte contre le sida rencontre d'immenses difficultés, c'est un fait. Tout semble dire que plus personne n'est intéressé par ces questions importantes (ce qui n'est pas vrai), le constat paraît chaque jour plus dramatique que la veille. C'est que la réalité est ignorée, et les réalités au pluriel même. Celles et ceux qui veulent s'y coller savent que dans l'intimité d'un cabinet ou d'ailleurs, les pratiques sexuelles de ces HSH (triste appellation), les fantasmes, les sentiments, les risques aussi font l'objet d'une créativité bien plus grande et plus heureuse que n'importe laquelle des innovations politiques dont on nous rabat les oreilles régulièrement. C'est individuellement que des solutions sont inventées, à défaut de dynamique collective. Pourquoi ne pas s'en inspirer?
La vie psychique n'est pas véritablement prise en compte par aucune de ces nouveautés "pragmatiques" ou expériences à grande échelle (Traitements pré-exposition, etc.) qui sont réclamées faute de mieux, faute d'idées, pour ne pas avoir les mains vides. Mais ceci n'est pas neuf, c'est historique. Les déterminants psychiques dont il faudrait sans doute tenir compte dans les discussions sur la prévention du sida, sont volontairement réduits à des caricatures psychologisantes appréciées pour cibler des messages comme s'il suffisait d'ajuster une communication, une publicité. C'est que les remises en questions que cela générerait ne seraient tolérées par aucun d'entre eux.
Pas une de ces nouveautés n'est en mesure d'offrir à qui le souhaite ou en a besoin, les conditions d'une véritable parole sur sa vie, ses amours, ses joies ou ses douleurs. L'individualité est ignorée au profit des masses dont on ambitionne de gérer les comportements, en oubliant qu'il y a d'abord du désir, et du désir inconscient. Les "psys" le savent, dommage que les acteurs de la lutte contre le sida, qui sont surtout devenus mécaniquement des acteurs de santé publique continuent de feindre de l'ignorer, pour eux-mêmes et pour ceux vis-à-vis de qui ils ont une immense responsabilité. En rendront-ils compte et devant qui?
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C'est en toute discrétion que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a mis en ligne, le 4 novembre dernier, le Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014. On pouvait envisager mieux pour un document de 266 pages, qui doit guider la politique publique française de lutte contre le sida dans les années à venir. Était-ce de la part de la ministre une façon de ne pas mettre en lumière tout ce qui, dans ce plan élaboré avec les acteurs de terrain, entre en contradiction avec la politique actuelle du gouvernement (sur la santé des étrangers, celle des détenus ou encore sur les salles de consommation pour les toxicomanes, entre autres)?
Si ce plan est sorti dans une quasi indifférence des médias, c'est aussi en partie parce que l'essentiel de son contenu avait été dévoilé dans Libération quelques semaines plus tôt.
C'est donc une nouvelle version, remaniée, que le ministère vient de rendre publique. Les mesures préconisées par le CNS sur le dépistage sont prises en compte.
En page 2, nous publions l'intégralité des mesures et des actions envisagées par le Plan auprès des LGBT.
LE CNS ÉMET DES RÉSERVES…
Pourtant le CNS, dans un deuxième avis diffusé fin octobre, reste critique et note que «les avancées envisagées notamment en faveur des migrants, des usagers de drogues et des personnes prostituées apparaissent extrêmement mineures».
…ET ACT UP-PARIS RÉCLAME LA DÉMISSION DE ROSELYNE BACHELOT
Dans un communiqué de presse diffusé le mardi 9 novembre, Act Up-Paris a réagi très durement , exigeant la démission de Roselyne Bachelot. "Le plan national de lutte contre le VIH/sida […] a deux ans de retard. Sa seule véritable avancée, du moins sur le papier, est l’extension de l’offre de dépistage. Il s’agit là de recommandations du Conseil National du Sida qui datent de plus de quatre ans. Et aucune garantie n’est donnée sur le financement de cette mesure, qui aura par ailleurs du mal à avoir le moindre effet sur des populations entières, victimes du harcèlement de l’UMP et de la ministre de la Santé. À quoi bon aller se faire dépister quand votre priorité est d’échapper aux flics, de trouver un toit, de trouver de quoi vivre, ou quand on vous a convaincuE que votre santé coûtait trop cher?"
Act Up-Paris reproche entre autres à Roselyne Bachelot, qualifiée de "ministre la plus catastrophique qu’ait connue la lutte contre le sida", de ne pas s'être opposée à l'amendement Mariani qui restreint l'accès à l'Aide médicale d'État pour les étrangers.
Du côté des autres associations, c'est service minimum. Une brève sur les sites de Sida Info Service et d'Actions Traitements, Aides ne traitant même pas du sujet. Le Plan insiste justement sur la mobilisation communautaire pour faire avancer la lutte contre le sida chez les LGBT. Ca commence mal…
Aller à la page suivante pour lire l'intégralité des mesures en direction des LGBT.
Lancé à Dakar le 28 septembre dernier, SIS Afrique (pour Solidarité Info Santé Afrique) est un centre ressources pour les pays africains qui disposent de lignes d'écoute sur le VIH/sida et la santé. Association sénégalaise, SIS Afrique a pour vocation d'être un outil au service de la coopération Sud-Sud, Sud-Nord et Nord-Sud. Le centre réunit à ce jour huit pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre: Bénin, Burundi, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, République du Congo, Cameroun, Sénégal, Niger. Fabrice Clouzeau, responsable des actions internationales de SIS, qui a mis au point ce projet en partenariat avec ses homologues africains, nous en dit plus sur cette initiative unique.
Comment est née SIS Afrique? SIS Afrique a été créée en mai 2010 issue d’une volonté commune entre trois acteurs différents et complémentaires dans la réponse au VIH/sida: Sida Info Service France (SIS), AfriCASO et le CTA/Opals (centre de traitement ambulatoire de l'hôpital Fann à Dakar, et sous l’égide de l’Onusida. C’est le fruit de huit ans de partenariats bilatéraux entre SIS et les partenaires pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Durant ces années d’échanges et de renforcements des liens respectifs, les associations africaines chargées des dispositifs nationaux de relation d’aide à distance sur le VIH/sida ont très tôt plaidé pour la création d’un centre de ressources régional africain qui serait un catalyseur des expériences et des échanges d’information inter-pays. L’idée centrale étant de faire émerger une expertise africaine dans la relation d’aide à distance appliquée au VIH/sida, mais également à d’autres thématiques telles que la santé sexuelle et la santé reproductive…
Quels sont les services proposés par le centre de ressources? L’activité centrale est la promotion de l’utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication [NTIC], essentiellement les téléphones portables et internet, dans la réponse aux problématiques du VIH, de la santé sexuelle et reproductive, de la santé maternelle et infantile, des populations discriminées… Il s’agit de renforcer les structures existantes de lignes nationales de relation d’aide à distance (RAD), et d’aider à leur création dans les pays de la sous-région en permettant d’emblée un transfert des outils logistiques et techniques. Le Centre sera un observatoire régional. L'idée est de recueillir puis de promouvoir les données collectées sur chaque dispositif national concernant les thématiques de référence et permettre ainsi de pouvoir tracer une cartographie et un état des lieux des questionnements des populations, pouvant éventuellement nourrir les communications nationales de prévention et d’orientation. La matrice de cette initiative est d’assurer dans chaque pays concerné dans cette région un accès universel à l’information et à la prévention à travers la gratuité de l’utilisation des lignes de RAD dans le respect de la confidentialité et de l’anonymat de l’appel.
Quels soutiens avez-vous reçus pour lancer ce programme? Pour le moment , des soutiens essentiels. Le premier, celui de la mairie de Paris qui d’emblée a soutenu cette initiative innovante et qui est je le répète une initiative régionale permettant une capitalisation d’envergure dans la lutte contre le VIH/sida notamment. Les autres partenaires sont le Conseil régional Ile de France et la ville de Dakar. Les partenaires locaux africains sont également sollicités. Enfin, cette construction transnationale n’aurait pu être échafaudée sans le soutien volontaire de l’Onusida, et particulièrement du Dr Meskerem Grunitzky-Bekele, directrice du bureau régional de Dakar.
Qu’est-ce que les lignes d'écoute peuvent apporter aux gays et aux hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH) dans ces pays? En effet, la situation des HSH – si on veut bien d’emblée accepter ce terme épidémiologique "générique" et réducteur – est à première vue très précaire. Les études de cohorte montrent d’une manière concomitante, dans certains pays africains, une forte exposition à la transmission du VIH. Les raisons sont de plusieurs ordres, que je ne peux développer ici. Une manière de limiter les prises de risques est de travailler sur la rectification des idées fausses concernant la transmission et la perception du risque en général. L’écoute offre un espace protégé pour l’appelant. C’est essentiel dans des pays où une certaine homophobie sociale est prégnante, parfois doublée par la pénalisation de l’homosexualité. Le téléphone portable est à cet égard un outil très personnalisant. C'est-à-dire qu’il permet à la personne de s’isoler et de "dire". Au-delà des questions de prévention, et de pratiques sexuelles, les HSH évoquent souvent leur vie sociale, les contraintes culturelles ou leurs attentes en terme de réflexion identitaire.
Solidarité Info Santé Afrique, route de la Corniche des HLM, Centre socio-culturel des HLM, Dakar, Sénégal. Tél.: + 221 77 639 35 98.
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Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à Didier Dubois-Laumé Dubois-Laumé, de Café lunettes rouges et Grégory Bec Bec des Petits Bonheurs. Ils répondront à vos questions pendant une heure. À vos claviers!
Grégory Bec et Didier Dubois-Laumé: Nous sommes contents d'être réunis pour partager ce moment.
chris: Bonjour. Comment sont financées vos associations respectives? Merci.
Didier Dubois-Laumé: Le café Lunettes rouges ne bénéficie d'aucune subvention.
Grégory Bec: De la création en avril 2008, jusqu'en août 2009, nous avons fonctionné uniquement avec des dons privés et depuis la fin de l'année dernière, nous commençons à bénéficier de subventions des partenaires institutionnels publics et privés. Didier Dubois-Laumé: C'est un choix de notre part de ne pas demander de subvention pour le Café. Cela nous oblige à faire preuve d'imagination et à aller plus vers les autres et expliquer notre action. Grégory Bec: Si nous avions attendu d'avoir des financements publics pour commencer, le projet n'aurait jamais vu le jour. Le nerf de la guerre, c'est avant tout la motivation et la détermination.
Gwenael: Bonjour. Comment fonctionne Les petits bonheurs? Vous êtes contactés directement par des malades? Par leurs proches?
Grégory Bec: Nous nous déplaçons directement à la rencontre des personnes à leur domicile ou au sein des structures de soins après orientation et mise en relation par l'équipe médicale dans la plupart des cas.
pascalou: L'existence de vos deux associations est-elle favorisée par l'abandon des actions de soutien et d'aide aux personnes malades et séropositives sur Paris d'autres associations plus anciennes (AIDES…), qui se recadrent sur la prévention et sur l'international ?
Grégory Bec: Nos deux associations sont complémentaires au réseau en place. Didier Dubois-Laumé: Il est triste de constater que les autres associations ne comprennent pas que nous ne sommes pas en concurrence mais complémentaires. Café Lunettes rouges fonctionne sans subvention. Grégory Bec: La plupart des personnes que nous accompagnons n'ont pas de lien antérieur avec les structures associatives. Nous parvenons à entrer en contact avec elles parce que nous nous déplaçons directement à leur rencontre, chez elles. Ce qui n'est pas la même démarche que d'aller dans un lieu collectif.
traitdunion: Bonjour. Est-ce que Les Petits Bonheurs et Café Lunettes Rouges travaillent ensemble?
Grégory Bec: Oui. Nous articulons nos compétences en orientant respectivement les personnes que nous rencontrons. Par exemple, nous avons à l'occasion de Noël, le 25 décembre, réunis au Café Lunettes rouges 125 personnes suivies par nos deux structures. Didier Dubois-Laumé: Autre exemple, le jour du printemps, nous avons passé une après-midi sur une péniche. Nous unissons nos forces. Lorsqu'une personne est hospitalisée, cela peut être de recueillir son chat.
traitdunion: M. Bec, pourquoi parlez-vous de concurrence? Elle n'existe pas, sauf dans les polémiques.
Grégory Bec: C'est Didier qui a parlé de concurrence. J'ai parlé de complémentarité.
Julien: Manquez-vous de volontaires pour mener vos actions? Y a-t-il une crise de la "militance" sida?
Grégory Bec: Oui nous manquons cruellement de bénévoles. Il y a assurément un changement majeur de l'engagement des personnes qui s'investissent. Beaucoup de personnes touchées se sont recentrées sur leur propre combat et trajectoire personnelle et les militants des années 80 se sont progressivement retirés à l'arrivée des multithérapies, ayant le sentiment que le plus important était fait. Et s'autorisant à se retirer. Didier Dubois-Laumé: On est dans une génération qui zappe, pendant six mois, ils vont se mobiliser contre le sida, et six mois après avec la même énergie, ils se mobiliseront pour les boîtes de camembert… Il y a aussi le choix des grandes associations qui préfèrent des professionnels et pensent qu'il n'y a plus besoin de lieux de convivialité et que les séropositifs doivent se prendre en charge eux-mêmes.
paul denton: Est-ce que vous recevez des jeunes séropos ou malades du VIH? Est-ce que vous avez l'impression que les jeunes se sentent concernés par le VIH?
Grégory Bec: Nous nous adressons principalement aux "survivants des années 80". La plupart des gens ont plus de 40 ans. Nos quelques "jeunes" séropositifs sont ceux qui sont nés séropositifs et qui ont entre 15 et 25 ans. Didier Dubois-Laumé: Parmi les jeunes, il y a un manque d'information et ils pensent que la trithérapie soigne la maladie. Le Café Lunettes rouges accueille des jeunes et des moins jeunes, des gays et des hétéros, des bi, des trans' aussi. Les anciens peuvent faire part de leur expérience et c'est aussi intéressant d'avoir le regard neuf des jeunes.
Antoine: Combien de personnes participent au Café lunettes rouges?
Didier Dubois-Laumé: Sur l'année dernière, nous avons eu une moyenne de 63 personnes qui sont venues passer le dimanche après-midi au Café. On a pu parfois accueillir plus de 100 personnes, par exemple à Noël. Rappelons que le Café fonctionne les dimanches et les jours fériés, toute l'année.
Lorenzaccio: Vous soulevez une question intéressante, pourquoi n'y a-t-il aucune communication sur le VIH spécifique au public trans'?
Didier Dubois-Laumé: Il existe des groupes de travail au Centre LGBT. Grégory Bec: Il y a une diffusion de l'information par des acteurs de terrain au sein de la "communauté trans'". Il y aurait sans doute des informations à communiquer voire à rechercher sur traitement hormonal et interactions avec les multithérapies.
traitdunion: Le CLR accueille les gens où?
Didier Dubois-Laumé: Le Café Lunettes Rouges est hébergé par le Centre LGBT de Paris Ile-de-France. Il est ouvert tous les dimanches et jours fériés de 16h à 19h. CLGBT, 63 rue Beaubourg, Paris 3e. Métro Arts et Métiers ou Rambuteau. L'adresse de notre site: http://www.cafelunettesrouges.free.fr
Dans un message envoyé à Yagg par Jérôme Martin, co-trésorier, Act Up-Paris a officiellement réagi à la démission de Stéphane Vambre de son poste de co-président de l'association.
Nous publions cette réaction in-extenso: "Stéphane Vambre a annoncé sa démission de la co-présidence d'Act Up-Paris le 16 septembre en Réunion Hebdomadaire. Sa démission a été suivie de deux discussions en réunion hebdomadaire d'Act Up-Paris, instance souveraine de l'association.
Lors de ces réunions, les militantEs n'ont, en aucun cas, remis en cause l'action du CA [Conseil d'administration, ndlr] actuel. Elles ont été l'occasion de nous replonger dans les urgences. Dans le cadre de sa lutte acharnée contre le sida, Act Up-Paris doit faire face à un Fonds mondial sous-financé, au démantèlement du titre de séjours pour soins et de l'AME [Aide Médicale d'État, ndlr], à du lobby décisif sur l'ARS [Agence régionale de santé, ndlr] suite à notre retrait de l'organisation des États Généraux du VIH, à des échéances essentielles pour faire sortir Éric un coinfecté VIH/VHC, en train de mourir en prison, au "fuitage" du plan national de lutte contre le VIH, au refus du gouvernement d'expérimenter les salles de consommation de drogues à moindre risque, à des laboratoires pharmaceutiques qui développent de nouvelles molécules pour les hépatites mais laissent les co-infectéEs VIH/VHC sur le carreau, à la signature des accords ACTA ou d'accords de libre-échange par l'Europe qui vont bloquer les génériques, à l'organisation du premier décembre, etc.
Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser de côté ces priorités, surtout au regard d’un contexte politique catastrophique. Nous incitons les médias qui s'intéressent aux activités d'Act Up-Paris et au combat contre le sida, à s'emparer de nos communiqués et actions autour de toutes ces questions. Nous invitons, dans la même dynamique, tous ceux et celles qui souhaitent mettre un terme à l'épidémie de sida à nous rejoindre."
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Cet article a été publié sur le site vih.org et nous le reproduisons avec l’aimable autorisation de ses auteurs.
Au terme de la conférence de remobilisation de ses ressources, le Fonds mondial fait ses comptes. Et même si les pays financeurs ont augmenté leur contribution [à 11,7 milliards de dollars], nous sommes loin des 20 milliards de dollars nécessaires pour que tous les malades aient accès à un traitement.
Quelque 5,2 millions de personnes vivant avec le VIH recevaient un traitement antirétroviral à la fin 2009, a annoncé à Vienne l'Organisation mondiale de la santé (OMS). C'est 1,2 million de plus qu'en 2008 – soit la plus forte augmentation en une année.
L'effort accompli en une décennie est sans précédent: au début des années 2000, l'accès aux traitements dans les pays en développement se limitait à quelques personnes. Pour autant, l'accès universel aux traitements — fixé à 2010 par le sixième Objectif du millénaire pour le développement — est loin d'être atteint. Plus de 10 millions d'autres personnes ont besoin d'un traitement antirétroviral. Les deux tiers des besoins ne sont pas couverts.
Cette annonce est donc une nouvelle en demi-teinte, d'autant plus que l'OMS indiquait en septembre 2009 un meilleur taux de couverture des besoins en ARV [antirétroviral]: 42 %. Explication: en novembre, deux mois après cette annonce, l'OMS a relevé le seuil d'indication de mise sous traitement dans les pays en développement. Auparavant établi à 200 CD4 (ce qui est désormais considéré par les experts comme trop tardif), il a été rehaussé à 350 CD4.
Cela a augmenté de près de 5 millions le nombre de personnes en indication de traitement. Mais si les objectifs sont atteints, cela permettra une baisse des décès de 20% d'ici à 2015.
ACCROÎTRE LES EFFORTS
Mais cela ne sera possible qu'à la condition d'accroître encore les efforts. En clair, d'augmenter les sommes allouées au financement des traitements. Or, le Fonds mondial, qui finance plus de la moitié des traitements — ceux de 2,8 millions de personnes en 2009 – manque déjà cruellement d'argent, et peine à satisfaire les demandes des pays récipiendaires.
Michel Kazatchkine, qui dirige le Fonds mondial, a multiplié les interventions pour dire son inquiétude, à l'approche de la conférence de reconstitution, chiffrant la somme nécessaire pour les trois ans à venir entre 13 et 20 milliards de dollars. Or, réunis le 5 octobre à New York, les donateurs ont finalement pris un engagement financier à hauteur de 11,7 milliards de dollars [soit environ 8,4 milliards d'euros] en faveur du Fonds pour la période allant de 2011 à 2013.
Même si ces contributions constituent la promesse financière la plus importante jamais faite pour la lutte menée collectivement contre ces trois pandémies à l'échelle internationale (9,7 milliards de dollars avait été obtenus en septembre 2007 à Berlin pour la période allant de 2008 à 2010), elles n'atteignent donc pas le montant le plus bas de la fourchette chiffrée par Michel Kazatchkine.
Pour les associations françaises (Act Up-Paris, Aides, Coalition Plus, Sidaction, Solidarité Sida), le compte n'y est pas: "Neuf milliards sont déjà gagés pour continuer à alimenter les programmes de traitements et de prévention déjà lancés (…). Il ne reste donc que moins de 3 milliards de dollars — soit moins d'1 milliard par an sur 2011-2013 — pour espérer prendre en charge davantage de malades. Cela constitue une décélération de 2/3 par rapport au rythme de financement actuel."
Nestor Hervé (vih.org) et Renaud Persiaux (Transversal)
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Quelle aide concrète pour les séropositifs en 2010? Pour répondre à cette problématique, deux invités le mercredi 13 octobre, de 15h à 16h: Grégory Bec, fondateur des Petits Bonheurs et Didier Dubois-Laumé, fondateur du Café Lunettes Rouges (qui fête ces cinq ans cette année). Ces deux associations ont la particularité de proposer une aide directe et concrète aux malades du sida et aux séropositif-ve-s, des actions parfois négligées par les grandes associations.
Pour répondre à toutes vos questions, Didier Dubois-Laumé et Grégory Bec seront en direct sur Yagg, le mercredi 13 octobre, de 15h à 16h.
Le mercredi 13 octobre, le chat de Yagg accueille deux invités, Didier Dubois-Laumé, fondateur du Café Lunettes Rouges (qui fête ces cinq ans cette année) et Grégory Bec, fondateur des Petits Bonheurs. Ces deux associations ont la particularité de faire de l'aide directe et concrète aux malades et aux séropositifs, une action parfois négligée par les grandes associations.
Pour répondre à toutes vos questions, Didier Dubois-Laumé et Grégory Bec seront en direct sur Yagg, le mercredi 13 octobre, de 15h à 16 heures.
Le Café Lunettes Rouges accueille les séropositif-ve-s et leurs proches au Centre LGBT de Paris le dimanche et les jours fériés, quand les autres structures sont fermées. Les Petits Bonheurs, créée en 2008, ont la particularité d'aider des malades très démunis, pour leur redonner dignité et espoir. Cela peut aller d'apporter un coussin supplémentaire à un malade hospitalisé à offrir une séance de cinéma ou de spectacle. Ces deux associations ont à cœur de vouloir briser l'isolement et la solitude et d'apporter des réponses ponctuelles et concrètes.
Si vous souhaitez en savoir plus sur ces associations, regardez les deux vidéos que Yagg a déjà réalisées.
Mardi 5 octobre, nous annoncions en exclusivité la démission de Stéphane Vambre de ses fonctions de co-président d'Act Up-Paris, poste qu'il occupait depuis mars 2009. Nous en savons aujourd'hui un peu plus sur cette décision, grâce à deux documents que Yagg s'est procurés: une lettre ouverte signée Stéphane Vambre dans laquelle il expose les raisons de son départ ainsi qu'une réponse de l'association qui prend acte de cette décision.
Voici quelques extraits du texte que Stéphane Vambre a distribué lors de la réunion hebdomadaire d'Act Up-Paris le 16 septembre dernier:
"MA PLACE, MON ENGAGEMENT ET NOTRE MODE DE FONCTIONNEMENT…"
"Je me suis engagé, il y a quatre ans, à Act Up, que je connaissais et suivais depuis le début des années 90. En 2006, je venais d’arriver sur Paris. Je rencontrais alors des difficultés personnelles, liées à mon état de santé (…) Mon engagement à Act Up était lié à cette situation et de faire de ces problèmes personnels un combat collectif. Act Up était l’association de défense des droits des malades. Le lieu propice à ce combat. Je suis arrivé, à la permanence droits sociaux en tant qu’usager et rapidement, je me suis engagé. Mon intention aujourd’hui n’est pas de créer un conflit interne, même si j’ai conscience que les mots qui vont suivre sont lourds de sens et de conséquences. Je me trouve aujourd’hui dans une situation difficile et pour m’en sortir, il faut que je fasse part au groupe d’une réflexion que j’ai entamée depuis plusieurs semaines sur ma place, mon engagement à Act Up et notre mode de fonctionnement."
"DES PRISES DE DÉCISION QUI NE CORRESPONDENT PLUS AUX RAISONS POUR LESQUELLES JE ME SUIS ENGAGÉ"
"Lorsque nous nous sommes présentés en mars dernier avec la nouvelle équipe (...) nous nous étions engagés à travailler dans la continuité des stratégies et des actions entreprises l’année précédente et à améliorer les conditions de travail pour l’ensemble des militants. Au final, on ne traite les dossiers que dans l’urgence, surtout sans prendre le temps d’une réflexion de fond, ne prenant pas en compte le travail déjà amorcé. (...) Des orientations, des choix et des prises de décisions qui ne correspondent pas aux raisons pour lesquelles je me suis engagé à Act Up. Pour en revenir aux conditions de travail, je peux affirmer que des militants salariés se sentent mal à Act Up. (...) Nous ne prenons pas soin de nous. La colère qui doit nourrir notre combat s’exprime en interne. Il me semblerait plus judicieux de la canaliser et de la retourner contre ceux qui font le jeu de l’épidémie."
"Pour moi, un mode de fonctionnement démocratique doit nourrir le débat et faire émerger des idées, et le champ de compétence des uns et des autres est défini par les fonctions, pour lesquelles nous nous sommes présentés. En réalité on assiste à des prises de pouvoir sur les actions des uns et des autres au détriment du travail dans lequel on s’est engagé et pour lequel on a été élu."
"En mai dernier, j’ai fait part au reste de mon équipe d’un état dépressif évident. Alors que j’attendais un soutien et qu’ensemble, on trouve des solutions, on m’a gentiment conseillé de prendre beaucoup de vacances, puis reproché d’avoir abandonné mon poste et entravé le bon fonctionnement de l’équipe. (...) Mon quotidien et mon engagement militant est aussi lié à celui de mon quotidien de séropo et, formuler une dépression ou être en arrêt maladie n’est pas un moyen pour moi d’empêcher le bon fonctionnement de l’association comme on me l’a dit, mais un état de fait (...) Aujourd’hui, je constate à mes dépens qu’on ne fait pas attention aux personnes qui font vivre le combat, au détriment des objectifs qu’il faut atteindre coûte que coûte".
"LA VOIX DES SÉROPOS N'EST PLUS ENTENDUE NI PRISE EN COMPTE, VOIRE MÉPRISÉE"
"Act Up a été pensé comme un syndicat de malades, Act Up existe pour que les malades puissent faire de leur situation personnelle, un combat politique et améliorer leur condition de vie. Aujourd’hui, à Act Up, la voix des séropos n’est plus entendue ni prise en compte, voire méprisée. Nos actions sont motivées par une colère de principe et non plus par une colère de malade (...).
"Alors que nous devrions, ensemble, regarder dans la même direction et défendre les mêmes objectifs, les motivations et les ambitions personnelles l’emportent sur les fondamentaux de l’association. Ce qui donne une vision complètement éclatée de ce pourquoi Act Up a été créé. J’avais pourtant l’idée d’une association à l’image d’une famille choisie, une coalition de compétences et d’envies au service d’une cause. Pour moi, Act Up doit s’inscrire dans l’évolution de la maladie et de ses conditions de vie, mais Act Up a une histoire. De folles radicales. Sommes-nous aujourd’hui, toujours, des folles radicales?"
Contacté ce matin par téléphone, Stéphane Vambre nous a confirmé son sentiment général, tout en tenant à préciser qu'il ne faut voir dans cette lettre aucune attaque personnelle: "Je n'ai voulu incriminer personne à travers cette lettre. Il y a des personnes qui travaillent extrêmement bien à Act Up et je n'ai souhaité blesser personne. Je tenais juste à dire que je ne retrouvais plus dans l'association les raisons personnelles pour lesquelles je m'étais engagé, j'ai le sentiment que cela finit par aller à l'inverse de ce pour quoi cette association a été créée. Je pars, c'est un fait. J'espère que mon départ leur permettra de s'interroger. Je sais que certains ont entendu mon message".
"NOUS NE COMPRENONS PAS POURQUOI NOUS N'AVONS PAS PU TROUVER DE SOLUTION"
Lors de la réunion hebdomadaire suivante, le conseil d'administration d'Act Up-Paris a distribué une lettre qui prend acte de cette décision: "Nous sommes navré-e-s de la situation dans laquelle se trouve Stéphane. Nous ne comprenons pas pourquoi nous n'avons pas pu trouver de solution: des réunions de CA sont mises en place où il aurait pu s'exprimer (...) Le CA élu au printemps dernier s'est engagé dans un travail de fond sur les questions salariales (...) Nous avons aussi lancé un travail de réflexion sur le fond pour que le savoir accumulé depuis 20 ans soit transmis aux nouveaux/elles, nombreux ces derniers temps".
"Nous tenons par ailleurs à dire que le texte de Stéphane nous a tous touché-e-s (...). Nous souhaitons que son retour à son poste de salarié se fasse dans les meilleures conditions possibles."
Contacté mercredi 6 octobre par téléphone, Pierre Chappard, co-président de l'association, a indiqué à Yagg qu'Act Up réagirait officiellement dans les prochains jours.
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Cet article a été publié sur le site vih.org et nous le reproduisons avec l’aimable autorisation de son auteur.
Alors que le très critiqué projet de loi Besson sur l'immigration est discuté depuis la semaine dernière à l'Assemblée nationale, l'amendement Mariani (CL381), adopté mardi 5 octobre, prévoit de durcir l'obtention de titre de séjour pour les étrangers malades. Un retour en arrière très grave, pour les associations et les malades.
Seuls les malades étrangers venant d'un pays où le traitement est indisponible pourront désormais demander à être pris en charge par le système français. Une précédente version de l'amendement utilisait le mot "existant" au lieu de "disponible". Une telle décision revient de manière pratique à priver ces personnes de traitement. Car si les traitements sont en théorie accessibles presque partout, l'accès aux soins est bien loin d'être universel.
Le Conseil national du sida (CNS) tire la sonnette d'alarme et "souligne le caractère extrêmement préjudiciable de l'évolution législative envisagée sur la prise en charge des personnes infectées par le VIH/sida ainsi que sur la lutte contre les maladies infectieuses". Concernant la disponibilité des traitements, le CNS ajoute : "De tels traitements, en particulier des traitements antirétroviraux, sont formellement disponibles dans tous les pays du monde. Ceux-ci ne sont pas pour autant effectivement accessibles."
Enfin, s'il était besoin d'une raison supplémentaire pour dénoncer l'adoption de cet amendement, le Conseil précise que "la présence en France d'étrangers malades non traités ou mal traités constitue, en outre, un risque supplémentaire de dissémination de maladies infectieuses dans la population générale et représente, au final, un surcoût pour la collectivité".
LA MIGRATION POUR RAISON MÉDICALE, UNE EXCEPTION
Des justifications financières pourtant au cœur de l'argumentaire du gouvernement. Ce dernier craint le coût trop important qu'exercerait la prise en charge de ces populations et la création d'un "appel d'air" en direction des pays sans couverture de santé.
L'Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE) estime pourtant que la migration pour raison médicale reste une exception : plus de 90% des personnes concernées ayant découvert leur maladie à l'occasion d'un examen médical pratiqué en France alors qu'ils y résidaient déjà (InVS, Inserm, enquête Vespa, Rapports Comede, Observatoire européen de l'accès aux soins de Médecins du Monde).
La Cimade rappelle de son côté que «refuser l'accès aux soins et le droit au séjour renforce la clandestinité, le non recours aux soins, le retard dans la prise en charge médicale». Et qu'appliquer cette loi à la lettre revient "à renvoyer les malades mourir dans leur pays d'origine".
Aujourd'hui [l'article est daté du 6 octobre], dans les colonnes de Libération, Roselyne Bachelot annonce qu'elle souhaite dépister la population française. Doit-on comprendre que cette mesure ne concernera pas les étrangers résidant en France ? Et que si ces personnes sont dépistées, elles n'auront pas accès à un traitement ARV [antirétroviral] ? On peut le craindre.
Aides et Coalition PLUS, en tout cas, accusent : "Pendant que Roselyne Bachelot annonce les bonnes feuilles du futur plan national, les députés de la majorité renvoient les malades mourir dans leur pays." Sidaction considère que "la politique de lutte contre le sida en France, c'est la grande illusion"
"Nous devons apprendre à vivre avec des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes… Nous sommes au 21e siècle et les choses ont changé", a-t-elle déclaré.
La ministre a ajouté que personne ne devrait être stigmatisé à cause de son orientation sexuelle. Elle a également demandé au National Aids Control Council de mettre en place des études statistiques pour permettre au gouvernement de développer une politique spécifique afin de réduire le taux de prévalence chez les LGBT.
"Cette conférence est cruciale, pour s'assurer que tous les facteurs de risque sont discutés et pris en considération dans le plan national de lutte contre le VIH et le sida", a conclu la ministre.
Une position qui n'a pas tardé à faire réagir les leaders religieux du pays, furieux. Sheikh Mohammed Khalifa, secrétaire du Conseil des imams et prêcheurs du Kenya, a qualifié les paroles de la ministre de "sataniques et contraires à la culture africaine": "Dieu, dans les livres saints (le Coran et la Bible) a maudit l'homosexualité et nous a ordonné de la combattre. La ministre a offensé les Kényans qui viennent d'adopter une nouvelle constitution qui criminalise ce vice," s'est-il indigné. Sheikh Khalifa a demandé au président Mwai Kibaki et au Premier ministre Raila Odinga de prendre des mesures sévères contre Esther Murugi.
Sheikh Juma Ngao, président du Conseil consultatif musulman du Kenya, a pour sa part demandé à ce que la ministre démissionne ou qu'elle soit renvoyée. "La ministre et les officiers du National Aids Control Council n'ont qu'à créer leur propre pays qui autorise les actes homosexuels, lesbiens et la prostitution", a t-il déclaré.
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"On a aujourd'hui les moyens d'arrêter l'épidémie en France", déclare la ministre de la Santé au quotidien. "Les 6000 ou 7000 contaminations, qui se font encore chaque année, sont insupportables." Dès décembre, l'ensemble des professionnels de santé seront sensibilisés, via une campagne d'information, au fait de proposer à chacun de leurs patients un test. Car, comme le souligne Libération, en France, près d'un tiers des 150000 séropositifs ignorent leur statut sérologique. Le dépistage comme arme de prévention, c'était l'une des recommandations du rapport de France Lert et Gilles Pialoux sur les nouvelles politiques de prévention.
CENTRES DE DÉPISTAGE COMMUNAUTAIRES
Pour certains groupes de la population, dont les gays, Roselyne Bachelot souhaite "proposer un dépistage beaucoup plus volontariste", avec la création "dans les mois à venir de plus de dix centres de dépistages communautaires". Des initiatives qui vont dans ce sens existent déjà, à Paris, comme le 190 ou le Checkpoint du Kiosque Infos Sida. Et le financement de l'ensemble du plan sida? "Sur cinq ans, un milliard d'euros est prévu", affirme la ministre.
AMENDEMENT MARIANI VOTÉ
Un plan sida qui comporte d'autres volets, comme l'aide aux pays du Sud. Et Aides de souligner dans un communiqué cinglant que "pendant que Roselyne Bachelot organisait la fuite dans la presse du futur plan […], l’Assemblée Nationale votait un amendement [l'amendement Mariani] restreignant le droit au séjour pour les étrangers gravement malades". Un amendement qui "introduit la subtile nuance de la "disponibilité dans le pays" [des traitements]", et qui pose problème, s'indigne Aides: il "ne prend pas en compte la quantité de traitements accessibles dans le pays d’origine, ni leur coût, ni même la qualité du système sanitaire, etc.". Moralité, pour l'association, "le message est clair: rentrez mourir chez vous, on paie le charter".
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