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Kenya: Le Premier ministre appelle à l’arrestation des gays et des lesbiennes

2 décembre 2010 in Société

"S'ils sont découverts, les homosexuels devraient être arrêtés et conduits aux autorités compétentes", a déclaré dimanche dernier le Premier ministre kenyan, Raila Odinga, lors d'un meeting dans sa circonscription électorale, dans le bidonville Kibera, à Nairobi.

Selon le site du quotidien kenyan Daily Nation, Raila Odinga a enflammé la foule en affirmant que le recensement récemment effectué montre qu'il y a plus de femmes que d'hommes et que les relations de même sexe seraient donc inutiles.

"La Constitution est très claire sur la question et des hommes ou des femmes qui seront découverts en train de s'adonner à l'homosexualité ne seront pas épargnés", a clamé le Premier ministre.

"La communauté gay a très peur que les propos du Premier ministre n'incitent à plus de violence contre les homos visibles", a déclaré David Kuria, le directeur de la Gay and Lesbian Coalition of Kenya, à CNN.

Un porte-parole du Premier ministre, Dennis Onyango, a précisé, toujours à CNN, que les déclarations de Raila Odinga avaient été prononcées au pied levé et ne constituaient pas une consigne d'arrestation de qui que ce soit.

Les relations homosexuelles sont passibles de 14 ans d'emprisonnement. "La loi pénalise les actes sexuels entre personnes de même sexe, ce qui signifie qu’on ne peut être poursuivi-e que pour des actes, expliquait récemment sur Yagg la militante lesbienne kenyane Judith Wangu Ngunjiri. (…) Mais le problème reste la stigmatisation, et le regard social, qui sont renforcés par le fait que cette loi existe."

"Les personnes au pouvoir ne parlent jamais des questions LGBTI de façon positive en public, soulignait-elle. Les politiques se servent surtout des questions LGBTI dans leurs jeux politiciens."

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Kiss-in de Notre-Dame: La décision du tribunal correctionnel de Paris renvoyée au 17 décembre

1 décembre 2010 in Société

Le tribunal correctionnel de Paris devait examiner hier les plaintes contre quatre extrémistes catholiques pour violences et injures homophobes lors du kiss-in qui s'est en partie tenu sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 14 février dernier.

L'avocat des mis en cause ayant déposé des demandes d'annulation de la procédure en invoquant des vices de procédure, le tribunal a reporté sa décision au 17 décembre. Trois possibilités s'ouvrent à lui: annuler toute la procédure; annuler une partie de la procédure et renvoyer à la Cour de cassation la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur la différence de délai de prescription entre les injures racistes (un an) et les injures homophobes (trois mois) soumise par Caroline Mécary, l'avocate de l'association SOS homophobie – qui s'est portée partie civile –; annuler une partie de la procédure et rejeter la QPC.

Dans ce dernier cas, une nouvelle date d'audience pour examiner le dossier sur le fond devra être fixée.

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Harvey Milk honoré à Carrières-sous-Poissy

1 décembre 2010 in Société

harvey milk

Harvey Milk

"Nous devons nous souvenir que les droits dont nous jouissons aujourd’hui sont le fruit des combats, parfois violents, d’hier." La phrase est d'Eddie Aït, le maire (PRG) ouvertement gay de la commune de Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines, dont la salle de réunion du Centre communal va prendre le nom de l'emblématique militant gay américain Harvey Milk.

"Harvey Milk, tout comme Rosa Parks – dont le nom a été donné au Centre social et culturel de la ville – a été des militants pour l’égalité des droits et contre les discriminations dont le nom résonne dans nos mémoires," souligne le maire dans un communiqué.

Cet hommage se fera "dans le cadre de [la] politique de lutte contre les discriminations" de Carrières-sous-Poissy qui a par ailleurs, récemment, signé la Charte contre l'homophobie dans le football.

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Australie: Penny Wong, ministre ouvertement lesbienne, milite pour l’ouverture du mariage aux couples homos

30 novembre 2010 in Égalité des droits, Société

Lorsqu'en juillet dernier la nouvelle Première ministre australienne Julia Gillard s'était exprimée contre l'ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens, Penny Wong, alors ministre de l'Environnement, ouvertement lesbienne, lui avait emboîté le pas, au nom de "la position du parti", l'Australian Labor Party (ALP), sans donner son opinion personnelle sur le sujet.

Aujourd'hui ministre des Finances, Penny Wong a changé d'avis. Ce week-end, lors de la convention de la section d'Australie-Méridonale de l'ALP, Penny Wong a pris la parole pour soutenir une motion appelant la convention nationale de l'ALP à soutenir le droit de tous les couples à se marier, quel que soit leur genre.

"Je me battrai pour que notre parti soutienne l'égalité, y compris en ce qui concerne le mariage ou les couples de même sexe, et je le ferai parce que je crois profondément en l'égalité", a-t-elle indiqué.

De son côté, le chef de file des Verts, Bob Brown, dont le parti soutient déjà l'ouverture du mariage, n'a pas du tout réfléchi à la possibilité d'épouser son boyfriend si le mariage des couples homos était légalisé.

"Les propos de Bob Brown rappellent que le débat sur le mariage des couples de même sexe porte sur le fait d'avoir le choix de se marier", souligne l'activiste Alex Greenwich, cité par le site LGBT australien Same Same.

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Pour David & Jonathan, le livre de Benoît XVI est « péremptoire, scandaleux, méprisant et mensonger »

29 novembre 2010 in Société

On s'en doutait, Benoît XVI ne parle pas, dans le livre d'entretiens Lumière du monde, que du préservatif et des rares cas où il peut éventuellement comprendre qu'il faille l'utiliser. David & Jonathan, le "mouvement homosexuel chrétien ouvert à toutes et à tous", a diffusé ce week-end un communiqué intitulé "Les vieux démons du pape sur la sexualité, les homos et le sida", se dit "consterné" par les propos du pape, et qualifie le livre, "sur ces thèmes", de "péremptoire, scandaleux, méprisant et mensonger".

"LES AUTORITÉS ECCLÉSIASTIQUES VEULENT IMPOSER LEURS POSITIONS À LA SOCIÉTÉ CIVILE"
"Pour le pape, soutenir la lutte contre les discriminations faites aux femmes et aux homosexuel-le-s revient à déployer une intolérance totalitaire envers l’Église et ses convictions (pp. 77-78) ou à s’éloigner de la vraie foi (pp. 128-129), écrivent Elisabeth Masset et Patrick Sanguinetti, les co-présidents de David & Jonathan. Dans le combat pour les droits humains, nous pensons au contraire que ce sont les autorités ecclésiastiques qui veulent imposer leurs positions à la société civile, autant que cela leur est possible! Si ces autorités sont attaquées, c’est en raison de leur obstruction à tout mouvement d’émancipation – en particulier des femmes – et non pour l’expression de leurs valeurs religieuses."

"METTRE UN PRÉSERVATIF EST UN ACTE RESPONSABLE"
"Dans la lutte contre le sida, il présente l’Église comme "la seule institution à se tenir concrètement tout près des hommes", et qui "en fait plus que les autres parce qu’elle ne se contente pas de faire des discours dans les journaux, mais aide les sœurs et les frères sur le terrain" (p. 159). Quel mépris à l’égard des autres acteurs de la prévention et de leur travail!, s'indignent-ils. (…) Tordant l’esprit des programmes contre le VIH qui valorisent l’abstinence et la fidélité à côté du préservatif, le pape fait de celui-ci un pis-aller inadapté qui "banaliserait" la sexualité, la plongeant dans l’addiction. Celles et ceux qui utilisent le préservatif seront heureuses et heureux d’apprendre qu’ils sont en fait des drogué-e-s du sexe! Ils seraient des millions, rien qu’en France… (…) Face à la pandémie, nous affirmons que mettre un préservatif est un acte responsable pour que l’amour entre deux êtres puisse rester une rencontre de vie! Son usage est une solution, éminemment morale, n’excluant pas l’abstinence et la fidélité, selon les choix de chacun-e."

Sur la "fameuse "humanisation" de la sexualité" prônée par Benoît XVI, Elisabeth Masset et Patrick Sanguinetti ne sont pas plus tendres, qui y voient une "scandaleuse vision de la sexualité": "la sexualité de chaque personne est humaine de fait", insistent-ils.

"DES JUGEMENTS PÉREMPTOIRES SUR L'HOMOSEXUALITÉ"
Ils concluent par les "jugements péremptoires" du chef de l'Église catholique sur l'homosexualité: "Se proclamant l’interprète de Dieu, il prétend que l’homosexualité "s’oppose à l’essence même de ce que Dieu a voulu à l’origine", sans savoir si elle est innée ou acquise (p. 200). Si, à tout hasard, l’homosexualité était innée, comment Dieu pourrait-il créer certaines de ses créatures dans une condition aussi contraire à sa volonté? À moins d’imaginer un dieu pervers. Est-ce que les homosexuel-le-s seraient plus marqué-e-s que les autres par le péché originel? Selon cette logique, certaines sexualités seraient en soi conformes à la volonté divine et d’autres s’y opposeraient. Le pape récuse ainsi la conviction qu’homosexualité et hétérosexualité ont même valeur (p. 193). Nous croyons à l’inverse de lui (p. 199) que la diversité des sexualités témoigne de la richesse de l’acte créateur de Dieu".

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Yoann Lemaire et OcéaneRoseMarie élu-e-s gay et lesbienne de l’année 2010!

29 novembre 2010 in Culture, Société, Sondages

Yoann Lemaire, le footballeur gay victime d'homophobie, et la comédienne OcéaneRoseMarie, alias La lesbienne invisible, ont été élu-e-s gay et lesbienne de l'année par les internautes de Yagg (résultats complets ci-dessous).

Les yaggeurs et les yaggeuses étaient invité-e-s à faire leur choix parmi une liste de 20 personnalités homos qui ont fait l'actualité en 2010, liste établie par la rédaction de Yagg.

YOANN LEMAIRE: "FAIRE PASSER DES MESSAGES POSITIFS"
Yoann Lemaire
, qui se bat depuis plusieurs années contre l'homophobie dans le foot, a été banni de son club amateur des Ardennes, le FC Chooz, en août dernier (voir également son interview réalisée en décembre 2009 sur YaggTV). Joint par Yagg, Yoann se dit "très touché" par le résultat du sondage. "Je pense que le comportement des sportifs est le reflet de la société, explique-t-il, et étant donné que dans certains sports, comme le foot, la presse a un rôle essentiel, il faut donc essayer de faire passer des messages positifs. Pour ma part, je continue tranquillement ma vie dans les Ardennes! Je rejoue au foot dans mon village, et avec l'équipe de Jacques Vendroux, le Variétés Club de France. J'accepte régulièrement des invitations un peu partout en France pour parler de notre cause dans des débats, des rencontres, etc., aussi bien avec des mairies qu'avec des associations, des préfectures ou même le Conseil de l'Europe! Très sincèrement, le sujet devient de moins en moins tabou! C'est rassurant!".

OCÉANEROSEMARIE "TRÈS ÉMUE"
OcéaneRoseMarie joue actuellement aux Feux de la Rampe, à Paris, son one-woman show à succès, La lesbienne invisible (la 100e, c'était en juin dernier). Elle tient également un blog sur Yagg, Mais qui a encore éteint la lumière?. Océane confie à Yagg qu'elle est "très émue" par cette première place sur le podium, car, dit-elle avec un sourire, "l'humiliation Amélie Mauresmo, ça été dur à vivre l'année dernière" (Océane était arrivée 2e derrière la championne de tennis en 2009). Côté spectacle, Océane fera un break en janvier pour ensuite démarrer une tournée en province dès février (Toulouse, Lyon et La Rochelle pour commencer), et toujours, les Feux de la Rampe, à Paris, mais seulement le mardi. Vous n'avez pas fini d'entendre parler de La lesbienne invisible!

GAY DE L'ANNÉE
1. Yoann Lemaire (24%, 550 votes)
2. Philippe Castetbon (16%, 355 votes)
3. Rudolf Brazda (15%, 336 votes)
4. François Ozon (11%, 253 votes)
5. Benoît de Secret Story (10%, 221 votes)

6. Abdellah Taïa (9%, 211 votes)
7. François Sagat (6%, 141 votes)
8. Franck Finance-Madureira (4%, 90 votes)
9. Philippe Couillet (3%, 68 votes)
10. Jean-Marie Besset (2%, 37 votes)
Nombre de votes: 2262

LESBIENNE DE L'ANNÉE
1. OcéaneRoseMarie La lesbienne invisible (31%, 548 votes)
2. Caroline Mécary (30%, 534 votes)
3. Marie Paule Belle (10%, 183 votes)
4. Emilie Jouvet (6%, 106 votes)
5. Claire Burger et Marie Amachoukeli (6%, 100 votes)

6. La p'tite Blan (6%, 99 votes)
7. Natacha Chetcuti (4%, 67 votes)
8. Laure Charpentier (3%, 45 votes)
9. Louis(e) de Ville (2%, 43 votes)
10. Anna La Chocha (2%, 34 votes)
Nombre de vote: 1759

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Kiss-in de Notre-Dame: Caroline Mécary soumet une question prioritaire de constitutionnalité sur les injures homophobes

29 novembre 2010 in Société

Le procès des extrémistes catholiques accusés d'avoir commis des violences et proféré des injures homophobes lors du kiss-in qui s'était en partie passé sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame à Paris le 14 février dernier doit avoir lieu demain, mardi 30 novembre, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Lors d'une première audience le 4 juin, le tribunal avait renvoyé l'examen de l'affaire au 30 novembre. Entre temps, le délai de prescription pour les injures homophobes s'est écoulé.

DES DÉLAIS DE PRESCRIPTION DIFFÉRENTS SELON QUE L'INJURE EST HOMOPHOBE OU RACISTE
Dans cette affaire, Caroline Mécary représente l'association SOS homophobie, qui s'est portée partie civile. C'est à ce titre qu'elle demandera demain au tribunal correctionnel de transmettre à la Cour de cassation la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) suivante: "Les articles 65 de la loi du 29 juillet 1881, modifié par l’article 52 de la Loi n°93-2 du 4 janvier 1993 portant réforme de la procédure pénale et 65-3 de la loi du 29 juillet 1881 modifié par la loi n°2004-204 du 9 mars 2004, prévoyant un délai de prescription différent en raison du mobile (origine et orientation sexuelle) des propos diffamatoires ou injurieux, créent-ils une différence de traitement contraire à la Constitution, notamment au principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi tels que consacrés par les articles 1er de la Constitution et 6 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, ainsi qu’au principe d’égalité d’accès au juge tel que consacré par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen?".

En clair, la loi du 29 juillet 1881, modifiée en 2004, prévoit un délai de prescription d'un an pour la provocation "à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée" et un délai de prescription de trois mois pour la provocation "à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap". Pour l'avocate, cette différence de traitement est contraire à la Constitution.

"IL N’Y A PAS À DISCRIMINER ENTRE LES PERSONNES DISCRIMINÉES"
"Selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel, le principe d’égalité "ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général, pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit" (…). Il résulte de cette jurisprudence que le législateur ne saurait traiter de manière différente des situations similaires", écrit-elle.

Dans les deux cas (injure liée à l'origine ou à l'orientation sexuelle), "la personne est visée pour ce qu'elle est et non pour ce qu'elle a fait", la définition de l'infraction est la même, la sanction aussi. Seul le délai de prescription diffère. Et, insiste Caroline Mécary, s'appuyant tant sur la Constitution que sur le code pénal ou les textes européens (directives et Convention européenne des droits de l'Homme), "la différence établie par le législateur, s’agissant des délais de prescription, entre les propos racistes et les propos homophobes, ne saurait résulter d’une gravité supérieure des premiers par rapport aux seconds et donc d’une hiérarchie qui est inexistante: il n’y a pas à discriminer entre les personnes discriminées".

L'avocate rappelle que c'est en raison "du développement important du racisme sur internet" que le délai de prescription a été porté à un an pour les propos diffamatoires ou injurieux à raison de l'origine. "Or, souligne-t-elle, les mêmes remarques s’appliquent aux propos diffamatoires ou injurieux en raison de l’orientation sexuelle. (…) En effet, internet se trouve, aujourd’hui, l’outil privilégié par les auteurs de propos homophobes, comme en atteste le Rapport sur l’homophobie 2010 de SOS homophobie."

RUPTURE D'ÉGALITÉ DES VICTIMES DANS L'ACCÈS À LA JUSTICE
Autres effets de cette différence de traitement, la violation des droits de la défense et la rupture d’égalité des victimes de propos diffamatoires ou injurieux dans l’accès à la justice: "Des citoyens qui se trouvent dans des conditions semblables, c’est-à-dire victimes de propos diffamatoires ou injurieux, doivent pouvoir disposer d’un accès à la justice dans les mêmes conditions au regard des délais de prescription". "Par ailleurs, poursuit Caroline Mécary, les victimes d’injures homophobes, elles-mêmes homosexuelles, sont donc discriminées dans l’accès à un juge en raison de leur orientation sexuelle, puisque c’est précisément en raison de leur orientation sexuelle, source des injures subies, qu'elles ne bénéficient pas en qualité de victimes d’un délai de prescription plus long, ou tout au moins aussi long que pour les injures raciales".

Demain, mardi 30 novembre, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris devra examiner le sérieux de la question prioritaire de constitutionnalité déposée par l'avocate de SOS homophobie et décider de la transmettre ou non à la Cour de cassation, qui devra à son tour l'examiner, la renvoyer ou non au Conseil constitutionnel, à qui il incombera, le cas échéant, de juger de la conformité à la Constitution des articles mis en cause. Si le tribunal estime que la QPC doit être soumise à la Cour de cassation, cela aura pour effet de suspendre la procédure en cours. S'il choisit au contraire de la rejeter, l'affaire suivra son cours. Les injures homophobes seront prescrites, mais pourront néanmoins permettre de reconnaître le caractère homophobe des violences.

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Vidéo Buzz: Justin Bieber et Dolly Parton sur le harcèlement homophobe

27 novembre 2010 in Société, Vidéo Buzz

Certes il est un peu jeune pour savoir que les choses vont s'arranger, mais cela n'a pas empêché le chanteur Justin Bieber de profiter de son passage dans l'émission d'Ellen DeGeneres pour enregistrer une (très courte) vidéo d'encouragement pour les jeunes LGBT:

En 20 secondes, il essaie de rassurer les jeunes victimes de harcèlement (et il sait de quoi il parle) et celles et ceux qui sont témoins de harcèlement à agir. C'est court, mais c'est bon.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Justin Bieber on Bullying

Elle a beaucoup plus d'expérience, et son œuvre entière pourrait être considérée comme une déclaration d'amour à la communauté LGBT. Dans l'émission de Larry King, Dolly Parton a une nouvelle fois parlé de ses fans homos, et en a profité pour faire passer un message: le monde actuel devrait faire preuve de plus d'acceptation et laisser chacun-e être qui il/elle est.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur ‪LKL - Dolly Parton On Her Gay fans‬

À Seattle, un groupe de jeunes LGBT a publié une vidéo – dans le cadre d'un projet plus large appelé Put This On The {Map} – pour tenter de ramener le débat sur un terrain plus concret que les belles intentions du projet It Gets Better, d'aller au-delà de la question du harcèlement pour changer les façons de voir le genre et la sexualité, et, un peu comme la campagne It Gets Better… today, de l'association britannique Stonewall, ils veulent faire en sorte d'être heureux maintenant, pas plus tard lorsqu'ils seront adultes,

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Reteaching Gender and Sexuality

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Apéro des losers, Vénus noire, lycée, coming-out, coups de gueule: sur les blogs Yagg

26 novembre 2010 in Blogs, Société

Apéro des losers, Vénus noire, lycée, coming-out, coups de gueule: sur les blogs Yagg.

Violences faites aux femmes: Campagne, pétition et rassemblement

25 novembre 2010 in Société

affiche contre le violC'est aujourd'hui la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Hier était lancée, à l’initiative d’Osez le Féminisme, du CFCV, de Mix-Cité, une campagne intitulée "La honte doit changer de camp", qui rappelle que chaque année en France, plus de 198000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. 75000 sont violées.

La campagne s'appuie sur trois vidéos (voir ci-dessous) et une pétition, à signer ici.

Un rassemblement se tiendra aujourd'hui, jeudi 25 novembre, à 19h, place du Bataillon du Pacifique, à Paris, rassemblement auquel participera l'Inter-LGBT.

À lire également:

Comment je n’ai pas été violée mais vraiment parce que j’ai de la chance [Maïa Mazaurette]

Un tabou nommé agression sexuelle [Prose (et quelques vers)]

Campagne "contre le viol": un objectif légitime, des arguments contestables [Zone Zéro Gêne]

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Spot 1+2+3 "Campagne contre le viol"

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Avez-vous voté pour le gay et la lesbienne de l’année?

25 novembre 2010 in Culture, Société, Sondages

Vous avez jusqu'au dimanche 28 novembre, minuit, pour élire le gay et la lesbienne de l'année parmi une liste de personnalités qui ont fait l'actualité en 2010. N'attendez pas!

Lire la suite.

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« Le jour où Clare Dimyon été décorée par le Prince de Galles », par Gaby Charing

25 novembre 2010 in Opinions & Débats, Société

Le 29 octobre, Clare Dimyon, une militante lesbienne de Brighton, a reçu le grade de MBE (membre de l’ordre de l’Empire Britannique) à Buckingham Palace pour pour son travail visant à promouvoir les droits des personnes LGBT en Europe centrale et en Europe de l’Est (lire Une militante lesbienne honorée à Buckingham Palace). C'est accompagnée de trois lesbiennes de générations et pays différents – Grande-Bretagne, Pologne et Hongrie – qu'elle s'est rendue à la cérémonie. Pour Yagg, Gaby Charing, l’une de trois accompagnantes, revient sur cet événement, ce qu’il signifiait pour elle et ce que cela signifie pour l'avenir.

"LE JOUR OÙ CLARE DIMYON ÉTÉ DÉCORÉE PAR LE PRINCE DE GALLES", PAR GABY CHARING
Je suis lesbienne, j’ai 66 ans, et je n'aurais jamais pensé entendre le mot "lesbienne" utilisé et approuvé par le plus haut membre de la Cour royale, à l’occasion d’une grande cérémonie à Buckingham Palace. C’est pourtant ce qu’il s’est passé quand ma très chère amie Clare Dimyon a été "décorée" par le prince de Galles, un honneur reconnaissant ses "services rendus pour la promotion des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres en Europe centrale et en Europe de l’Est". Et personne ne s'est évanoui, personne n’a fait de crise cardiaque – pas même le Lord Chamberlain, à qui la lecture de la citation incombait.

Un long voyage nous a conduits à cette apogée. Vous connaissez l'Histoire avec un grand H – Stonewall, le mouvement de libération gay, et le reste – mais notre voyage personnel commence tôt le vendredi matin, dans un taxi (un vrai taxi londonien, on ne regarde pas à la dépense) qui nous transporte de ma maison de banlieue à la plus célèbre adresse de Londres. "Taxi! Conduisez-nous à Buckingham Palace, entrée sud". Nous sommes quatre: Clare, et pour l’accompagner, trois lesbiennes de différentes générations et nationalités: anglaise, polonaise et hongroise (Ágnes, une étudiante de 24 ans, originaire de Budapest). Nous avons toutes revêtu nos plus beaux habits. J’ai mis le manteau que je portais pour ma cérémonie d’union civile en décembre 2005.

Au Palais, de souriants et amicaux bobbies anglais nous font rapidement passer les barrières, devant des grappes de touristes bouche bée, et nous indiquent où aller. Je repère quelques hommes du régiment d’élite des Scots Guards – ils changent la garde spécialement pour nous! Une fois le contrôle de sécurité passé, nous entrons dans le bâtiment lui-même. En vérité, Buck House (comme nous, Londoniens, aimons à l’appeler) n'est pas une œuvre architecturale majeure, et les toilettes (notre premier arrêt, naturellement) sont grandioses mais tout à fait désuètes: est-ce le genre de chose que la Reine utilise tous les jours?

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Clichés sur l’homoparentalité: un prof homo du lycée Robert Schuman du Havre raconte

24 novembre 2010 in Opinions & Débats, Société

Nicolas HugueninNicolas Huguenin est professeur d'histoire-géographie et d'éducation civique au lycée Robert Schuman du Havre, il est ouvertement homo et lit Yagg. Lorsque nous avons publié l'article évoquant la mise en ligne d'un devoir d'élèves bourré de clichés sur l'homoparentalité, il a très rapidement réagi dans les commentaires (sous le pseudo Churchill), pour expliquer que la mise en ligne avait été tronquée, et que la polémique qui a suivi donnait une image totalement fausse de son lycée, où le corps enseignant lutte contre les clichés quotidiennement. Nous lui avons proposé de s'exprimer plus longuement – et plus officiellement – sur le sujet, voici le texte qu'il nous a envoyé.

Depuis trois jours, je dors mal. Les cris et les tambours de guerre, c’est pittoresque, mais bruyant. Les polémiques et les joutes verbales à n’en plus finir, c’est intéressant – surtout quand on cite les grands penseurs – mais ça fatigue.

Depuis trois jours, mes collègues et moi-même sommes accusés d’avoir, sur le site de notre lycée, diffusé la liste des clichés les plus navrants sur l’homoparentalité, suite à un travail de débat fait avec des élèves.

Techniquement, nous l’avons fait. À la suite d’un problème informatique, ce qui n’était que le point de départ du travail, la matière brute du débat, est apparu comme son aboutissement. Pendant trois jours, 350 personnes ont pu le croire, parce que le texte, présenté tel quel, le laissait croire.

"Mais quelle idée aussi", me direz-vous, "de rassembler toutes ces navrantes naïvetés d’élèves?". Je vous répondrai: "mais parce que mes élèves sont naïfs". Pourquoi être parti de si bas? Mais parce que c’est là qu’ils en sont!

Mes élèves, vous les voyez comme des ados débrouillards, un peu "cailleras" même, gavés de toutes sortes d’informations par tous les canaux possibles: des dizaines de chaînes de télé, des cinémas, des théâtres, un musée superbe, une bibliothèque municipale bien approvisionnée et gratuite. En fait, la plupart vivent dans un village minuscule. Un village où les arbres sont remplacés par des tours en béton, mais un tout petit village quand même. Une cité, comme celle dont parle le livre Homo-Ghetto. Le film Comme les autres? Ils ne l’ont pas vu; il devait y avoir une demi-finale de foot, ce soir-là. Ou une finale d’émission de télé-réalité sur TF-haine. Ils ne sont pas homophobes, en fait. Ils n’en savent guère plus sur l'homoparentalité que moi sur le curling. Et sur l'homosexualité, c’est pareil. D’ailleurs, si j’en crois le nombre de jeunes filles qui tombent enceintes avant l’âge ou qui prennent la pilule du lendemain, sur l’hétérosexualité, c’est pas mieux.

Si vous leur demandiez de citer un homosexuel qu’ils connaissent, je ne suis même pas sûr qu’ils penseraient à moi. Pourtant, je ne me suis jamais caché de l’être. Je porte le ruban rouge depuis près de 20 ans; le tiers ou la moitié de mes liens sur Facebook concernent l’actualité gay; je leur parle dès que je peux du sida en Afrique ou ailleurs, des Triangles roses ou de l’époque où l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale. Et je n’ai jamais eu de souci. Jamais, ils ne m’ont manqué de respect parce que j’assumais tranquillement ma différence. Mais de là à dire que ça leur suffit pour comprendre ce qu’est l’homosexualité – et à plus forte raison l’homoparentalité – il y a une sacrée marge!

Alors oui, ils sont capables de dire qu’un enfant de gays ou de lesbiennes "risquerait" de le devenir plus tard ou pourrait en avoir honte et se sentir isolé. Et c’est à nous de leur faire comprendre l’inanité de ces arguments.

C’est justement ce que mes collègues et moi, nous faisons depuis des années. À coup d’affiches sur le thème "parler de sa différence", de panneaux d’information sur le sida pour le 1er décembre, de leçons et de débats en éducation civique et même en imprimant sur leur carnet de correspondance toutes les adresses et tous les numéros de téléphone indispensables – maison de l’adolescent ou CDAG. Que cette malencontreuse bourde ait pu faire oublier tant d’années d’efforts est lamentable. Que cette affaire laisse entendre à ceux qui ne les connaissent pas que mes collègues ne font pas correctement leur travail ou, pire, cautionnent des propos homophobes, est insultant.

Nous avons commis une erreur pratique; nous nous en excusons depuis trois jours; n’en rajoutez pas dans la morale, merci.

Nicolas Huguenin

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Il y a 5 ans disparaissait Pierre Seel, ancien déporté pour homosexualité

24 novembre 2010 in Société

Le 25 novembre 2005 disparaissait Pierre Seel, à l'âge de 82 ans, premier et seul déporté français pour homosexualité à avoir témoigné publiquement. C’est à Mulhouse, en 1941, que Pierre Seel fut convoqué par la Gestapo, avant d’être interné à la prison de Mulhouse, puis transféré au camp de sûreté et de redressement de Schirmeck-Vorbrück, dans le Bas-Rhin. Pierre Seel fut un témoin unique et un farouche défenseur du combat pour la reconnaissance des déportés homosexuels, et ce dès le début des années 80. En 1994, il publiait Moi Pierre Seel, déporté homosexuel (Calmann-Levy).

HOMMAGE À MULHOUSE, À BRAM…
À Mulhouse, l'association Les Oublié(e)s de la mémoire procédera jeudi 25 novembre au fleurissement de la plaque dévoilée cette année, qui honore Pierre Seel ainsi que d'autres anonymes mulhousiens déportés.

Samedi 27 novembre, à 15h, au cimetière de Bram (dans l'Aude, près de Carcassonne), le Mémorial de la déportation homosexuelle (MDH) rendra hommage à Pierre Seel en fleurissant sa tombe. Une cérémonie en présence des enfants et du compagnon de l'ancien déporté.

Le MDH indique que les personnes souhaitant participer à l'achat de la gerbe de fleurs ou assister à cette cérémonie peuvent entrer en contact avec l'association en envoyant un mail à mdhcontact@yahoo.fr ou en téléphonant au 06 89 81 36 90. Un covoiturage est prévu au départ de Marseille, Montpellier, Bordeaux et Toulouse.

…ET À PARIS
À Paris, une veillée à la mémoire de Pierre Seel est proposée, le 25 novembre, de 22 heures à 23 heures, par Les Oublié(e)s de la mémoire avec le concours du Centre LGBT de Paris-Ile-de-France. Ce moment de recueillement comportera une présentation de l'histoire de Pierre Seel, avec en exclusivité des extraits vidéos, inédits en France, de l'interview donné par l'ancien déporté en septembre 1996 aux chercheurs de l'University of Southern California College Of Letters, Arts & Sciences-Shoah Foundation Institute.

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Kenya: « Lorsque des gens font leur coming-out, ils sont menacés »

24 novembre 2010 in Société

Judith Wangu Ngunjiri ne veut pas être filmée. Pas seulement pour que son image n'apparaisse pas, mais parce que Yagg ne diffuse pas en streaming mais par le biais des sites de partage vidéo. Elle ne veut pas que la vidéo puisse être récupérée et modifiée. Judith Wangu Ngunjiri est une militante lesbienne et féministe kényane, militante des droits LGBTI depuis 2006 et pour ce faire, membre de plusieurs associations (Minority Women in Action, Gay and lesbian coalition of Kenya, Coalition of African lesbians, Pan Africa Ilga).

Après être passée par Bruxelles, elle était à Paris la semaine dernière pour rencontrer des militants et des politiques. Elle a eu la gentillesse de faire étape dans les locaux de Yagg. Rencontre.

Quelle est la situation au Kenya pour les personnes LGBTI? C'est très dur. Il y a l'aspect social, avec une stigmatisation importante, des discriminations à l'encontre des personnes LGBTI, notamment dans les domaines de l'emploi ou du logement. Il y a aussi beaucoup de menaces et de violence à l'encontre des LGBTI ou des personnes qui sont perçues comme étant LGBTI. Il n'est pas rare que des familles bannissent leur enfant ou un autre membre de la famille parce qu'il ou elle est LGBTI.

Le fondamentalisme religieux est en augmentation, les leaders religieux se font beaucoup entendre. Le Kenya est un pays laïque, il n'y a pas de religion d'État, mais les leaders religieux ont toujours beaucoup d'influence, et ils parlent des questions LGBTI de façon très négative. Ce qui renforce encore la stigmatisation, la discrimination, les stéréotypes sur les personnes LGBTI.

Il y a aussi la situation légale, avec un code pénal qui criminalise les actes sexuels consensuels entre personnes de même sexe.

Pour les hommes et pour les femmes? Oui. Il y a deux articles, le deuxième criminalise les actes indécents entre hommes, le premier criminalise les relations charnelles qui vont contre l'ordre naturel. Il est juste question de "personne", donc il peut être utilisé contre les hommes ou contre les femmes.

C'est une loi héritée du colonialisme, et qui n'a jamais changé. Et même si personne n'a jamais été condamné en vertu de ce texte, il est utilisé pour faire pression sur les gens. De nombreuses personnes qui sont arrêtées en vertu de ces articles préfèrent corrompre ou trouver une autre façon de se sortir de cette situation avant que l'affaire n'arrive en audience publique. C'est pour cela que personne n'a jamais été condamné.

Néanmoins, une nouvelle Constitution a été adoptée au mois d'août, avec une déclaration des droits humains très solide. Un article précise que toute personne a le droit d'épouser une personne du sexe opposé, mais il n'est dit nulle part qu'il est interdit d'épouser une personne du même sexe, il y a un flou juridique sur le sujet.

Comme je l'ai dit, la déclaration des droits est très solide, surtout contre les discriminations. Elle ne mentionne pas expressément l'orientation sexuelle ou l'identité de genre dans les motifs de discrimination, mais la section sur l'interprétation est très progressive. Elle incite à donner un droit, plutôt qu'à retirer un droit.

Est-ce que vous ressentez déjà le changement? C'est un peu tôt parce que beaucoup de choses sont en train de changer, tout le système judiciaire change, certaines lois doivent encore être adoptées en conformité avec la Constitution et d'anciennes lois doivent être amendées pour être conformes à la nouvelle Constitution. Donc c'est un peu tôt mais il y a déjà des changements, il y a plus d'espoir, bien sûr, chez les citoyen-ne-s kényans, et il y a plus de responsabilisation, ce qui se sent déjà.

L'un des derniers articles que nous avons publiés sur le Kenya portait sur Esther Murugi, la ministre chargée des Programmes spéciaux, qui appelait à plus d'ouverture à l'égard des homosexuels, surtout afin d'améliorer la lutte contre le sida. Est-ce un signe de cette évolution? En fait, non, parce que ce que la ministre chargée des Programmes spéciaux a dit que les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes doivent être inclus dans les programmes de prévention et de traitement du VIH-sida, pour arrêter la propagation du VIH et du sida, mais elle a par la suite publié un communiqué précisant qu'elle ne tolérait pas les homosexuels et que les homosexuels ne devaient pas être tolérés dans la société africaine. C'est juste par rapport au sida, il n'y a pas d'acceptation.

Nous n'avons pas beaucoup d'allié-e-s prêt-e-s à s'exprimer publiquement, surtout au niveau politique. Les personnes au pouvoir ne parlent jamais des questions LGBTI de façon positive en public. Les politiques se servent surtout des questions LGBTI dans leurs jeux politiciens, par exemple lorsqu'ils essaient de trouver un soutien, ou au contraire de construire une opposition contre un rival.

David Kuria, le directeur de la Gay and Lesbian Coalition of Kenya, a annoncé sa candidature au Sénat en 2012. C'est le premier politique ouvertement gay. Quel regard portez-vous sur cette candidature? Je suis toujours heureuse que des personnes LGBTI prennent des initiatives pour améliorer la situation. Cela dit, il n'a pas annoncé sa candidature publiquement, il a juste dit au sein de la communauté LGBTI qu'il comptait se présenter et il rassemble des soutiens pour sa campagne. Les Kényans ne sont pas encore au courant, nous ne savons pas encore comment ils vont réagir. Mais bien sûr, de mon point de vue, c'est bien d'avoir des personnes LGBTI plus visibles, qui agissent, s'intéressent plus à la politique, à d'autres domaines de la vie. Je ne sais pas s'il dira qu'il est LGBTI pendant sa campagne, mais ça se saura évidemment.

Comment fait-on son travail de militant LGBTI dans un pays où l'homosexualité est illégale? La loi pénalise les actes sexuels entre personnes de même sexe, ce qui signifie qu'on ne peut être poursuivi-e que pour des actes, il faut être pris en flagrant délit, mais dire simplement qu'on est LGBTI, dire "je suis lesbienne" ou "je suis gay" n'est pas un délit en soi. Nous pouvons donc promouvoir légalement les droits LGBTI. Mais le problème reste la stigmatisation, et le regard social, qui sont renforcés par le fait que cette loi existe. Par conséquent lorsque des gens font leur coming-out, ils sont menacés. Les médias ont aussi une responsabilité dans l'homophobie, parce qu'ils publient des photos et des informations sur les gens sans leur accord.

Lire la suite de l'entretien en page 2

Christian Jacob en 2002: « La nouvelle famille, c’est pas d’être né d’une partouze »

23 novembre 2010 in Société

Christian Jacob est le nouveau chef des députés UMP à l'Assemblée nationale. Élu par ses pairs ce mardi 23 novembre, il l'a emporté au second tour face à Jean Leonetti, et succède ainsi à Jean-François Copé, devenu le nouveau secrétaire général de l'UMP après le remaniement gouvernemental.

CONTRE LE PACS ET L'ADOPTION
Le député-maire de Provins (Seine-et-Marne), ancien agriculteur, que l'on présente comme un "bébé Chirac" (il est le vice-président de l'association Avec le président Chirac) fut plusieurs fois ministre, dont celui de la Famille, de 2002 à 2004. Six mois après cette nomination, Libération publiait un portrait édifiant du ministre, intitulé Mérite agricole, dans lequel ce féru de chasse au sanglier, présenté comme un "réac" ancienne manière, livrait quelques-unes de ses valeurs. Et notamment son opposition au pacs et à l'adoption par les homosexuels. Le quotidien de préciser que Christian Jacob est "contre, en fait, "tout ce qui ne concerne pas la majorité des citoyens"". "On ne va pas se laisser emmener sur trois trucs d'intellos gauchos. La nouvelle famille, c'est pas d'être né d'une partouze, comme j'ai entendu à la télé", dixit l'intéressé.

L'AFFAIRE DU CANULAR
Suite à ce portrait dans Libé, Judith Silberfeld, alors rédactrice en chef adjointe de Têtu – et aujourd'hui rédactrice en chef de Yagg – publiait sur Têtu.com une brève reprenant un communiqué de presse émanant des services du ministre, mais qui se révéla être un canular. La journaliste retirait alors la brève et publiait un démenti. Mais quelle ne fut pas sa surprise, un an plus tard, d'être mise en examen pour "injures publiques envers un membre du gouvernement"! Une procédure très rarement employée, selon le Syndicat national des journalistes, qui suscita un certain émoi. Une affaire "absolument incroyable" pour reprendre les termes d'Emmanuel Pierrat, l'avocat de Judith Silberfeld à l'époque des faits. Quelques semaines plus tard, Thomas Doustaly, alors directeur de la rédaction du magazine, fut lui aussi mis en examen pour les mêmes motifs. Tous deux furent par la suite relaxés.

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Prévention du suicide des jeunes LGBT: nouvelles vidéos

23 novembre 2010 in Société, Vidéo Buzz

Même si on vous en parle un peu moins sur Yagg, le projet It Gets Better poursuit son chemin et continue de réunir les vidéos de personnes connues ou non qui partagent leur expérience et leurs encouragements à l'attention des jeunes LGBT.

Sont venues s'ajouter de nombreuses vidéos britanniques, puisque l'association LGBT Stonewall a lancé une nouvelle campagne au Royaume-Uni, dont le message aux jeunes LGBT est "It gets better… today", soit "vous n'avez pas besoin d'attendre que les choses s'arrangent, elles peuvent être formidables dès maintenant". Yagg vous propose donc une nouvelle sélection.

David Cameron, le Premier ministre britannique

Si vous ne pouvez pas voir cette vidéo, cliquez sur David Cameron MP Prime Minister - It gets better… today

Les employés des studios d'animation Pixar

Si vous ne pouvez pas voir cette vidéo, cliquez sur "It Gets Better" — Love, Pixar

L'équipe de la série Brothers & Sisters

Si vous ne pouvez pas voir cette vidéo, cliquez sur It Gets Better: "brothers & sisters" cast and crew

Max Adler (alias Dave Karfsky, le "bully" de Glee)

Si vous ne pouvez pas voir cette vidéo, cliquez sur Glee's Max Adler: It Gets Better

Le rugbyman Gareth Thomas

Si vous ne pouvez pas voir cette vidéo, cliquez sur Gareth Thomas, International Rugby Player - It gets better today

Le témoignage d'une ex-bully, qui remercie le ciel de n'avoir poussé personne au suicide et appelle les parents à parler avec leurs enfants de leur vie à l'école, et notamment du harcèlement, dont ils peuvent être victimes, témoins ou auteurs

Si vous ne pouvez pas voir cette vidéo, cliquez sur I bullied kids in middle school, and I'm queer.

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La Russie pourrait ne plus appliquer les décisions de la Cour européenne des droits de l’Homme

23 novembre 2010 in Société

C'est Valery Zorkin, le président de la Cour constitutionnelle de Russie, qui le dit: "La Cour européenne n'est pas habilitée à déclarer que telle ou telle loi nationale ne correspond pas aux termes de la Convention" et doit donc respecter la souveraineté du pays.

En clair, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) applique la Convention européenne et c'est tout: "c'est-à-dire que la Cour de Strasbourg n'applique pas la constitution espagnole où russe, ainsi que les législations nationales", selon M. Zorkin, qui nuance néanmoins légèrement ses propos: "Nous nous sommes soumis à la juridiction de la Cour européenne. Toutefois, si la Russie le veut, elle peut se retirer de cet accord".

Un membre de l'entourage du président russe Dmitri Medvedev a déclaré à l'agence Reuters, sous couvert d'anonymat, que la proposition de Valery Zorkin ne serait probablement pas approuvée par le Kremlin: "Je ne crois pas que nous soyons prêts à reculer".

Le suspense est donc maintenu sur l'autorisation de la prochaine gay pride de Moscou, qui sera soit la première autorisée, soit la première interdite en contradiction avec la décision de la CEDH du 21 octobre dernier.

Cette polémique intervient alors que la première manifestation pour l'égalité des droits LGBT officiellement autorisée en Russie s'est tenue samedi 20 novembre à Saint-Pétersbourg (photo).

La ville n'avait autorisé qu'un cortège de 10 personnes, et une cinquantaine de contre-manifestants ont pu lancer des œufs sur les militants LGBT en récitant des prières. Le rassemblement a duré 50 minutes au lieu des deux heures prévues et la police a dû évacuer les participants. Mais les organisateurs ont voulu voir le bon côté des choses: "Le fait que cette manifestation ait été autorisée est déjà un pas en avant pour nous et pour toute la Russie démocratique", a ainsi déclaré à l'AFP Maria Efremenkova, l'une des organisatrice du rassemblement. Et pour une fois, la police a protégé les manifestants…

Грани-ТВ: Первый в России пикет ЛГБТ

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur События :: Первый в России пикет ЛГБТ

Photo via Nikolai Alekseev

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Les conseils de Dan Choi pour aider un frère homo

23 novembre 2010 in Société

Dans la série des questions aux "experts", le site américain 365Gay a demandé au lieutenant Dan Choi, célèbre pour avoir fait son coming-out dans l'armée et son combat contre la politique Don't ask, Don't tell, de répondre à une internaute dont le frère se fait brutaliser à l'école: "j'ai peur si j'en parle à mes parents qu'ils ne découvrent qu'il est homo", s'inquiète-t-elle.

Réponse de Dan Choi: "C'est peut-être difficile parce que vous vous dites qu'il doit faire son coming-out à son rythme, mais ce qui est plus important, c'est qu'il ne puisse pas faire son coming-out, qu'il se brutalise lui-même. Ce dont vous ne vous rendez pas compte, c'est qu'être dans le placard est extrêmement douloureux et que cette souffrance est extrêmement puissante et laisse des traces."

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur Ask the Celebrity ‘Expert’: Dan Choi – “My brother is gay but our parents don’t know…”

Dan Choi a été exclu de l'armée après son coming-out mais a déposé une demande pour servir à nouveau.

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Homoparentalité: Clichés à gogo sur le site web d’un lycée du Havre

22 novembre 2010 in Homoparentalité, Société

La page a été supprimée mais l'URL continue de faire le tour du web (et certains ont eu la bonne idée de copier le texte avant qu'il ne disparaisse). Vendredi, le lycée Robert Schuman du Havre a publié sur son site officiel un texte édifiant sur l'homoparentalité, rédigé par un groupe d'élèves et validé par leur professeur.

Une note en fin de texte précise qu'il s'agit d'un "exercice argumentatif qui n’engage pas l’opinion des élèves". Ouf. Parce que voici ce que l'on pouvait y lire:

"Un phénomène de société: l’homoparentalité.

Quels problèmes peut poser l’homoparentalité?

L’homoparentalité est née en Europe . L’homoparentalité concerne un couple homosexuel (femmes ou hommes,) qui deviennent parents d’un ou plusieurs enfants. L’homoparentalité est une idée neuve, mais les sciences sociales s’en sont vite emparées.

Quels problèmes peut poser l’homoparentalité?

Premièrement, l’enfant a besoin d’un modèle maternel et paternel

- L’enfant ne peut avoir le soutien de sa mère et de son père,

- L’enfant ne saura pas qui appeler «papa ou maman»,

- Ils ne sauront pas comment éduquer leurs enfants.

Deuxièmement , l’enfant devra assumer la différence de ces parents

- Il pourrait avoir honte du regard des autres,

- Il peut aussi se sentir différent par rapport aux autres,

- Il doit faire deux cadeaux lors des fêtes parentales,

- Il peut se sentir mal et prendre mal l’homosexualité,

- Il peut devenir plus tard homosexuel,

- Il peut avoir honte.

Plus grand , il aura aussi beaucoup de mal à en parler avec ses copains ou autres."

"CRUEL MANQUE DE VIGILANCE"
Comme l'écrit SOS homophobie dans un communiqué, "le problème est que, en l'état, ces propos sont assénés sans qu'il y ait de réponses et contre-arguments pour démonter ces clichés sur l'homoparentalité".

"Nous ne pouvons reprocher à des élèves de méconnaître l'homoparentalité – en dehors des interventions des associations LGBT, il est malheureusement fait peu de cas de la diversité des schémas familiaux de la part du corps enseignant", regrette l'association, qui ajoute: "En les publiant tels quels, le lycée Robert Schuman cautionne ces propos. Il est urgent, donc, que la direction de l'établissement s'exprime sur son cruel manque de vigilance, et accepte que SOS homophobie intervienne auprès du corps éducatif et des élèves, ce que nous lui proposons dès aujourd'hui par courrier".

"LA SACRO-SAINTE PAROLE DES ÉLÈVES"
"La page publiée par le site du lycée Robert Schuman du Havre est caractéristique du résultat auquel il est naturel d'aboutir, lorsque l'on associe l'idéologie de "l'élève au centre" chère à Lionel Jospin et à Philippe Meirieu, les bienfaits apparemment incontestables de l'auto-construction des savoirs, la nécessité pour les élèves de s'exprimer-s'épanouir-communiquer-produire-créer, et les avantages des TICE [Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement, ndlr]", remarque un enseignant sur le blog Bonnet d'âne.

"Qu'un enfant puisse devenir homosexuel parce que ses deux parents sont homosexuels, il n'y a plus, mis à part le Lycée Robert Schuman du Havre, qu'un quarteron d'évangélistes américains cacochymes pour affirmer pareille carabistouille. Même MM. Vanneste et Gollnisch, dont on sait le peu d'affection pour les "invertis notoires", ne croient plus à ce genre d'arguments, écrit-il. (…) La cerise sur le gâteau, c'est que ces affirmations grotesques, et c'est là sans doute ce qui constitue la plus grave erreur, ont été lues, approuvées, validées et mises en ligne par un enseignant, titulaire du CAPES, qui a cru bon de diffuser au travers du site officiel du lycée la sacro-sainte parole des élèves — qui n'a pas, idéologiquement, à être remise en cause, puisqu'elle est par nature spontanée, créative, pertinente et intelligente. Qu'elle n'est jamais la caricature des remarques caricaturales entendues çà et là. (…) Instruire, c'est justement amener les élèves à dépasser les lieux communs."

Les responsables du lycée Robert Schuman du Havre seraient peut-être bien inspiré-e-s de lire le dossier que Yagg consacrait à la rentrée aux profs homos, et en particulier la troisième partie, intitulée "Lutte contre les discriminations", mais que fait l'Éducation nationale?. Alors que la Halde est victime d'attaques plus ou moins masquées de toutes parts, on se dit qu'elle aurait pourtant encore bien du boulot…

[mise à jour, 17h58] Un professeur du lycée Robert Schuman précise, dans les commentaires de cet article, qu'il s'agit d'un énorme malentendu et que son lycée est, contrairement à ce que cette affaire pourrait laisser croire, exemplaire en matière de lutte contre l'homophobie. À lire ici et ici.

[mise à jour, 21h03] Le lycée a publié des excuses sur son site:
"Dans le cadre d’un web journal alimenté par les travaux d’élèves, un incident technique n’a pas permis de mettre en ligne l’intégralité d’un article contradictoire sur la lutte contre l’homophobie.
L’équipe de direction (et l’ensemble de la communauté éducative) exprime ses regrets et comprend les vives inquiétudes suscitées par l’édition partielle d’un travail d’élèves sur les discriminations.
La démarche pédagogique était incomplète et cet incident prouve que nous devons renforcer notre vigilance sur la communication, notamment par une procédure de contrôle supplémentaire". (merci à fen pour le lien)

Image via SOS homophobie

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Pour la première fois, Benoît XVI admet que le préservatif peut protéger du sida

21 novembre 2010 in Société

C'est une première depuis 1981. Dans un livre d'entretien à paraître mardi et dont L'Osservatore Romano, organe officiel du Vatican, a publié hier soir des extraits, Benoît XVI, le chef de l'Église catholique admet que l'utilisation du préservatif peut se justifier dans certains cas très précis pour protéger du sida.

Dans Lumière du monde - le pape, l'Église et les signes du temps, qui rassemble des entretiens accordé par le pape au journaliste allemand Peter Seewald en juillet dernier, Benoît XVI revient sur la polémique qu'avait provoquée ses propos en 2009. En mars 2009, à bord de l'avion qui l'emmenait en Afrique, à un journaliste français qui lui faisait remarquer que "la position de l'Église catholique [l'abstinence, ndlr] sur la façon de lutter contre [le sida] est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace", le pape avait répondu: "on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, ils augmentent le problème".

Les réactions avaient été immédiates, y compris parmi les catholiques, et notamment l'association LGBT David & Jonathan, qui avait qualifié ces propos d'"irresponsables".

"BANALISATION DU SEXE"
Le pape révise donc aujourd'hui légèrement sa position et reconnaît que l'utilisation du préservatif peut permettre de réduire les risques de contamination. Mais il n'admet cette utilisation que dans des "cas individuels" très précis, et donne comme exemple celui des prostitué-e-s – "prostituée" dans le texte italien publié par L'Osservatore Romano, "homme prostitué" dans les traductions française, allemande et anglaise.

Avant même de mentionner cette exception, Benoît XVI précise que "se focaliser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe, et cette banalisation représente elle-même le danger que pour beaucoup de gens le sexe ne soit plus non plus l'expression de leur amour, mais une sorte de drogue, qu'ils se fournissent eux-mêmes. C'est pourquoi la lutte contre la banalisation de la sexualité fait partie du grand effort pour veiller à ce qu'elle soit perçue pour ce qu'elle a de positif et e qu'elle peut apporter de meilleur au genre humain dans sa globalité." Et de poursuivre: le préservatif "peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilisation pour reprendre conscience que tout n'est pas permis et que l'on ne peut pas faire ce que l'on veut. Toutefois, ce n'est pas la bonne façon de venir à bout de l'infection du VIH. Une humanisation de la sexualité est vraiment nécessaire".

"VOLTE-FACE" POUR PETER TATCHELL
"Cette nouvelle politique est une volte-face, a réagi le militant LGBT britannique Peter Tatchell, très impliqué dans l'organisation des manifestations anti-pape lors de la récente visite de Benoit XVI au Royaume-Uni. Il semblerait que ce soit une réponse aux innombrables critiques de la politique papale précédente, y compris de la part de nombreux membres du clergé catholique. (…) Benoît semble comprendre que cette immuable opposition de principe aux préservatifs a nui à sa propre autorité et à celle de l'Église. Si le pape peut changer de position sur les préservatifs, pourquoi ne peut-il pas en faire autant sur l'opposition violente et intolérante aux droits des femmes, à l'égalité des homos, aux traitements de la stérilité et à la recherche sur les cellules-sources embryonnaires?".

POUR ACT UP-PARIS, LE PAPE DOIT ALLER "BEAUCOUP PLUS LOIN"
"Après avoir dit que le préservatif aggravait l’épidémie de sida, après s’être mêlé de questions sur lesquelles il n’a aucune expertise, le pape semble enfin prendre en compte le principe de réalité, constate pour sa part Act Up-Paris. Il admet enfin que le préservatif protège du sida et ne l’aggrave pas. Est-ce une prise de conscience de la complicité de l’Eglise catholique dans la propagation de l’épidémie de VIH? L’exemple qu’il prend de l'"homme prostitué" reste cependant, très limité. Si le pape veut vraiment lutter contre l’épidémie, il faut qu’il aille beaucoup plus loin, Il faut qu’il reconnaisse que les politiques d’abstinence et de fidélité sont des échecs et sont directement responsable de la mort et de la contamination de centaine de millier de personnes. Mis en place sous l’influence de la morale religieuse, ces politiques d’abstinence ont détourné les gouvernements de véritables programmes de prévention. Moins de 20% de la population mondiale a aujourd’hui accès au préservatif alors même que l’épidémie de sida touche plus de 40 millions de personnes et qu’elle continue de s’étendre dramatiquement."

"Le pape et l’Église catholique restent toujours homophobes, anti-avortement, et complices de 25 ans de propagation du sida à travers le monde," conclut l'association.

"UNE BRÈCHE" SELON CHRÉTIENS ET SIDA
Pour Chrétiens et sida, "la brèche est ouverte": "On est heureux parce que cela va permettre la libération de certaines personnes qui auraient pu avoir des doutes. Je pense qu'il y avait encore des gens qui écoutaient ce discours [de refus du préservatif] ou qui étaient terriblement culpabilisés quand ils l'utilisaient, a expliqué Gérard Guérin à l'AFP. Je pense qu'effectivement ça va permettre une sexualité plus épanouie, déculpabilisée. Ce message risque d'être extraordinairement libérateur pour les Antillais et les Africains."

"UN PAS EN AVANT SIGNIFICATIF" POUR L'ONUSIDA
"Cette avancée reconnaît qu'un comportement sexuel responsable et l'usage du préservatif ont un rôle important dans la prévention du VIH-sida", a quant à lui déclaré Michel Sidibé, le directeur exécutif d'Onusida, qui voit dans les nouvelles déclarations de Benoît XVI un "pas en avant significatif et positif".

Selon certains observateurs, le tollé mondial de 2009 aurait fait prendre conscience au pape de l'impact médiatique de ses déclarations. Un peu léger pour ce très proche de Jean-Paul II, parfois considéré comme une sorte de "vice-pape" dans les dernières années de vie de son prédécesseur.

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Un appel et une pétition en ligne pour sauver la Halde

20 novembre 2010 in Société

La coordination SOS Halde, qui réunit de nombreuses organisations (dont l'Inter-LGBT, L'Autre Cercle, l'APGL, SOS Racisme, Aides…), organisait une conférence de presse jeudi 18 novembre afin de relayer l'appel du comité consultatif de la Halde pour que celle-ci reste une autorité administrative indépendante et autonome (lire Le Sénat creuse la tombe de la Halde).

L'appel du comité consultatif "met en garde les diverses autorités publiques, à la veille de l’un des tous prochains débats parlementaires, sur les conséquences du projet de loi organique portant sur la création d’une nouvelle institution: le défenseur des Droits", explique un communiqué.

"RAPPELER LE DROIT"
"Qui, si ce n’est la Halde a su rappeler avec force le droit des salariées, licenciées en raison de leur grossesse, à être indemnisées et/ou réintégrées?, souligne le comité consultatif. Qui a permis de mettre fin à l’inégalité faite aux anciens combattants et fonctionnaires de l’État français, devenus étrangers après la décolonisation, consistant à leur verser une pension nettement inférieure à celle attribuée aux ressortissants français? Qui a jugé discriminatoire le recours aux tests ADN pour établir les liens de filiation dans les familles étrangères? Qui a rendu visibles les discriminations à l’égard des gens du voyage, discriminations encore inscrites dans la loi et les pratiques? Qui a mis en évidence les discriminations liées au handicap et à l’état de santé? Les exemples ne manquent pas pour montrer que la Halde n’a pas hésité à rappeler le droit, y compris lorsque l’autorité discriminante était l’État. N’est-ce pas d’ailleurs ce qui lui vaut aujourd’hui l’annonce de sa disparition?".

"S’il était adopté en l’état, [le projet de loi] réduirait l’autorité et l’indépendance de la Halde et exposerait la France aux critiques et contentieux des Cours de Luxembourg et de Strasbourg", rappelle SOS Halde.

La CGT a mis en ligne une vidéo de cette conférence de presse. Pour la voir, cliquez sur l'image.

SOS Halde

Cliquez sur ce lien pour signer la pétition reprenant l'appel du comité consultatif.

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ONU/orientation sexuelle: « La situation est désormais particulièrement alarmante »

20 novembre 2010 in Société

Le Centre LGBT Paris IdF qualifie de "scandaleux et particulièrement préoccupant" le retrait de la référence à l’orientation sexuelle" dans la résolution des Nations unies condamnant les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires.

Comme nous l'écrivions hier, la Troisième Commission de l'Assemblée générale des Nations unies a adopté un amendement remplaçant la phrase "la discrimination, notamment fondée sur les préférences sexuelles" par "la discrimination, quel qu’en soit le fondement", alors que depuis 10 ans, l'orientation sexuelle était explicitement mentionnée. Comme l'ont rappelé la Finlande, la France et la Suisse, de nombreuses personnes continuent d’être victimes de meurtres et de violences en raison de leur orientation sexuelle.

"AMENDEMENT HONTEUX"
"Cet amendement honteux s'inscrit dans la stratégie que mènent les pays les plus homophobes dans les instances internationales, a déclaré Louis-Georges Tin (à droite sur la photo), joint par Yagg. En 2008, déjà, tandis que nous portions une déclaration pour une dépénalisation universelle de l'homosexualité, l'Égypte portait une contre-déclaration assimilant l'homosexualité à la pédophilie. Rama Yade, puis M. Kouchner avaient soutenu nos actions énergiquement: nous espérons que Mme Alliot-Marie, la nouvelle ministre des Affaires étrangères, aura à cœur, elle aussi, de soutenir les campagnes que nous menons dans le cadre des Nations unies."

Christine Le Doaré (à gauche sur la photo), présidente du Centre LGBT Paris IdF, prend l'exemple de l'Ouganda, où "la loi anti-gay qui menace d’emprisonnement à vie et de mort les gays et les lesbiennes peut être adoptée d’un jour à l’autre. La loi anti-gay oblige la population à la délation et conduira inévitablement à un véritable génocide. Elle sera immédiatement adoptée dans les pays voisins qui n’attendent que ce signal. Les évangélistes américains ont bien travaillé, ne parvenant à leurs fins dans leur propre pays, ils ont fait de l’Afrique un laboratoire de haine à l’encontre des homosexuels et des lesbiennes, encouragés par un gouvernement indigent incapable de régler ses difficultés économiques et sociales et qui a tout à gagner à occuper sa population avec des boucs émissaires".

LES GAYS, LES LESBIENNES ET LES FEMMES, PRINCIPALES VICTIMES DES INTÉGRISMES RELIGIEUX
"Les intégrismes religieux gagnent considérablement du terrain, en Afrique, dans les pays arabes mais également en Europe et en particulier en France où les principes de laïcité indispensables à l’égalité entre les sexes notamment, sont déjà amplement bafoués dans nombre de circonstances et organismes publics, poursuit Christine Le Doaré. Les gays et les lesbiennes mais également les femmes en sont les principales victimes."

"Si l’ONU même ne fait plus référence à l’orientation sexuelle et ouvre ainsi la voie à l’assassinat massif des gays et des lesbiennes dans nombre de pays, la situation est désormais particulièrement alarmante et les solutions pour y remédier seront de plus en plus difficiles à mettre en œuvre. Nous en appelons à un réveil laïc des institutions françaises, européennes et mondiales. Il est temps d’agir vite et fort et de tenter de renverser cette situation avant qu’il ne soit trop tard!".

Photo Christine Le Doaré et Louis-Georges Tin lors d'un débat sur les exactions commises à l'encontre des personnes LGBT au nom des religions, Centre LGBT Paris IdF, mai 2010.

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Suisse: Elisabeth Thorens-Gaud nommée « attachée aux questions d’homophobie et de diversité pour les cantons de Vaud et Genève »

20 novembre 2010 in Société

Elisabeth Thorens-GaudElisabeth Thorens-Gaud, cofondatrice de l'association mosaic-info et auteure du livre Adolescents homosexuels, des préjugés à l'acceptation (lire notre interview) a été nommée "attachée aux questions d'homophobie et de diversité pour les cantons de Vaud et Genève".

C'est après avoir découvert le travail d'Elisabeth Thorens-Gaud que le département de la Formation, de la Jeunesse et de la culture du canton de Vaud et le département de l'Instruction publique, de la Culture et du Sport (DIP) du canton de Genève ont décidé de collaborer pour lutter contre l'homophobie à l'école.

"FAIRE TOMBER DES PRÉJUGÉS"
"Je suis convaincue qu’en une heure de discussion on peut faire tomber des préjugés", a déclaré Elisabeth Thorens-Gaud à 24heures (repris par Gayromandie), s'amusant de son "titre pompeux".

Le canton de Vaud va donc envoyer Adolescents homosexuels, des préjugés à l'acceptation aux établissements scolaires du canton, et un concours d'affiches sur le thème de l'homophobie, ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans domiciliés en Suisse, vient d'être lancé, dont les résultats seront dévoilés le 17 mai 2011, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie. La marche à suivre est sur le site de mosaic-info.

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Deux agressions homophobes en deux jours à Saint-Étienne

19 novembre 2010 in Société

Deux agressions à caractère homophobe ont eu lieu cette semaine à Saint-Étienne.

"Mardi, Michael* fumait une cigarette à la terrasse d’un bar en centre-ville lorsqu’il s’est pris un coup de barre en fer derrière tête qui l’a fait tomber au sol, les deux agresseurs l’ont roué de coup au visage et lui ont déboité la mâchoire, rapporte un communiqué commun de SOS Racisme Loire, FACE à FACE Saint-Étienne, Collectif Autrement Gay de Saint-Étienne et Lesbian and Gay Pride de Lyon. Mercredi, David* sortait du même bar pour rentrer chez lui lorsqu’il s’est fait interpeller par un jeune homme qui lui a proféré des insultes homophobes", notamment "Sale pédé, on va vous tuer, on vous éliminera!", avant de lui donner deux coup de poings sur le nez et deux coups de poings dans le ventre.

"Les agressions ont tellement été violentes que les personnes ont été transportées à l’hôpital et qu’elles ont eu plusieurs jours d’interruption temporaire de travail (ITT): 15 (provisoire) jours pour Michael et 7 (provisoire) pour David", précisent les associations, qui préviennent qu'elles "veilleront à ce que le motif aggravant d’homophobie ne soit pas mis de côté et que les conséquences pénales de celui-ci ne soient pas minorées".

"Nos associations s’inquiètent de la recrudescence d’agressions à caractère homophobe dans le bassin stéphanois et veulent attirer l’attention des pouvoirs publics en place pour qu’ils restent vigilants et qu’ils veillent à ce que chacun et chacune puisse vivre librement dans sa différence", insiste le communiqué, avant de conclure: "Nous apportons tout notre soutien aux victimes".

* Les prénoms ont été changés

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