24 novembre 2010 10:38
Kenya: “Lorsque des gens font leur coming-out, ils sont menacés”
Publié par Judith Silberfeld | Dans Société
Récemment, après une rencontre que nous avions organisée pour la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, un journal a parlé d'une femme sans son consentement. Elle a été menacée par ses voisins, et elle a dû déménager. Voilà la situation à laquelle de nombreux activistes et individus LGBTI sont confrontés. C'est très difficile d'être militant, c'est un risque, il faut prendre des précautions pour être en sécurité, mais c'est important, parce que peu nombreux sont ceux qui s'expriment en faveur des droits LGBTI.
Quelle est la situation pour les personnes trans'? Elle est très difficile également. Les femmes lesbiennes et bi manquent de visibilité, c'est une des raisons pour lesquelles nous avons créé Minority Women in Action, parce que des associations mixtes existaient mais les voix des femmes n'étaient pas entendues, les femmes étaient invisibles. Il y avait donc déjà cette invisibilité pour les femmes lesbiennes et bi, qui est liée aussi à la situation des femmes au Kenya et en Afrique.
Pour ce qui est des personnes trans' et intersexuées, c'est encore pire, le silence est encore plus assourdissant sur ces questions. De nombreuses personnes trans' qui transgressent les normes du genre de façon visible risquent d'être agressées parce qu'elles sont faciles à repérer. La situation est difficile mais il y a eu pas mal de mouvement sur les questions trans' et intersexuées, pas juste au Kenya mais sur le continent africain. Au Kenya, il existe une association appelée Transgender Education and Advocacy, qui s'adresse exclusivement aux personnes trans' et intersexuées, lesquelles sont également les bienvenues au sein de Minority Women in Action. Il y a encore beaucoup de travail, mais je crois que nous progressons bien sur le fait de prendre en compte le vécu des différents groupes, de toute la diversité qui existe dans la communauté.
Vous arrivez de Bruxelles, vous passez par Paris, quel est l'objectif de ce voyage? Je rencontre des associations, des politiques, afin de trouver des soutiens pour le travail des activistes sur le terrain au Kenya et en Afrique. Beaucoup de gens ne connaissent pas bien la situation en Afrique, certains pensent même qu'il n'y a pas de personnes LGBTI en Afrique!
Je crois qu'il est important de rappeler aux gens que nous existons, que nous sommes organisés, que nous nous organisons, qu'il y a des réseaux à travers l'Afrique et qu'il y a des moyens de nous soutenir, même sans vivre en Afrique. Financièrement, bien sûr, mais aussi politiquement. Par exemple, dans de nombreux pays européens, l'accès des citoyens à leurs élu-e-s est plus facile, on peut faire du lobbying. Par exemple si vous savez qu'un élu se rend dans un pays où les droits LGBTI ne sont pas respectés, ou en Afrique en général, vous pouvez peut-être le pousser à faire passer un message pro-LGBTI. Une autre façon d'aider, c'est par une assistance technique. Par exemple, il y a un manque de formation sur la préparation de projets, la stratégie… Ce sont des compétences essentielles, c'est aussi très important.
J'ai parlé des réseaux d'associations, c'est bien aussi de bien communiquer entre associations, avec les militants sur le terrain, afin qu'il y ait une coordination, une stratégie. Parfois, par exemple, il vaut mieux ne pas médiatiser certaines questions [elle donne l'exemple d'un pays africain où un projet de loi anti-LGBT a été proposé mais où les militants LGBT préfèrent ne pas communiquer et travailler dans l'ombre]. Parfois on pense aider en rendant les choses publiques mais cela complique la vie des activistes sur le terrain, d'où l'importance de la communication et de la coordination.
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Tous les commentaires: 3
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Céline L | Publié 24 novembre 2010 à 13h04
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Septembre | Publié 24 novembre 2010 à 17h27
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annemarie | Publié 24 novembre 2010 à 17h55













